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27 mars 2014 4 27 /03 /mars /2014 20:20

> RECAPITULATIF DE LA GREVE A LA MUTINERIE DEPUIS LA REUNION DU 15 DECEMBRE 2013 :


En tant que témoin de cette réunion, j'ai à ma disposition l'ensemble du CR tapé main par les deux autres témoins et moi, ainsi que les e-mails échangés entre les grévistes et Ju, le patron (1, voir note en bas de page), depuis cette date.

Autant l'dire tout de suite. Les derniers textes "communiqué de l'équipe de la mutinerie" et la "lettre ouverte", en plus de l'attitude de Ju depuis cette date, sont consternants :


- la somme dite exorbitante pour les indemnités a été fixée par Ju et une autre témoin que moi. En aucun cas par les grévistes !


- la dead-line du 16 janvier, qui devait être l’occasion de faire le point sur l’acquittement des promesses faites par Ju en réunion, et celle du 16 février, où l’ensemble des sommes dûes devaient être acquittées et permettant de mettre fin à la grève, ont été établies en accord avec Ju !


- la veille seulement de la date de la 1ère dead-line (soit le 15 janvier), il annonce ceci :


"Après réflexion, il est devenu clair qu'il m'est impossible à titre personnel de vous verser ce 16/1 la somme de 10502.01€. La Mutinerie n'étant pas en mesure de faire face à ses obligations immédiates (loyers, fournisseurs, impôts), elle n'est pas plus en mesure de dégager un tel montant. De toute façon même si le bar avait cet argent il serait impossible de sortir une telle somme non déclarée, l'argent que je vous ai versé a déjà attiré l'attention du comptable, je n'avais aucun moyen de le justifier. Donc soit vous me proposez un autre échéancier plus en rapport avec la réalité financière du bar soit, je le répète, je vous déclare rétroactivement de manière à faire les choses en toute légalité."


- il renie donc avoir été à l'origine de l'échéancier, de la somme et ne s'intéresse visiblement pas à la galère financière dans laquelle il enfonce les grévistes, qui s'attendaient à toucher leur dû maximum avant le 16 février pour pouvoir se tourner vers l'avenir ou simplement payer leur loyer ! Un mois pour assurer que tu tenais tes promesses, un mois pour les grévistes à avoir attendu pour du vide. Pourquoi ne rien proposer de convenable et de décent à la place ? Sans aucune forme d'excuses dans l'ensemble du mail, évidemment. Visiblement, tu n'vis pas sur une planète où on a besoin d'argent pour vivre et de reconnaissance d'injustices pour se reconstruire.


- des autres engagements qu'il avait pris en réunion où il avait réitéré sa bonne foi et dit que, cette fois-là, ce ne serait pas des paroles en l'air, il a également "oublié" de : faire parvenir la programmation en cours à la Mutinerie auprès des grévistes, organiser une réunion de médiation entre les grévistes et le salarié dénoncé comme raciste. Il n'a jamais non plus réécrit sa lettre d'excuse officielle, rejetée par les grévistes comme totalement insuffisante, qui devait avoir vocation publique et officielle.


- face à la violence du retournement de veste de Ju du 15 janvier, la date du 24 janvier est acceptée par Ju et les grévistes pour réaffirmer une limite à la satisfaction des doléances. Dans leur texte envoyé à Ju le 22 janvier, les grévistes demandent : "Pour répondre à ton dernier mail sur l’heure, le lieu etc… Nous laissons à ta charge l’organisation de la prochaine réunion : trouver un lieu neutre, vérifier la disponibilité des participants, préparer un ODJ [ordre du jour] commun" sachant qu'iels avaient porté la charge de la tenue de la réunion du 15 décembre.


- Stupeur (sans étonnement cela dit) : Pas de réponses. Jusqu’à ce que Ju demande piteusement le 23 janvier : "Euh.. du coup c'est annulé demain c'est ça ?". Voilà le genre de claques que se prennent les grévistes depuis octobre, des remises en cause des engagements de base et l'incapacité même de se voir lu et entendu...


- Il se permet toutefois le 1er février de déclarer, après une semaine de silence radio dû à lui : "J'ai pas compris pourquoi la réu du vendredi 24 était annulée.." bah, c'était à toi de l'organiser, de nous (aux grévistes et aux témoins) donner une date, un lieu peut-être ???! Et plus loin, "Je vous ai répondu très précisément sur la coopérative par exemple et vous annulez à la dernière minute et sans raison la réunion du 24.. J'aime bien comme vous dépensez plein d'energie à écrire des longs mails qui parlent de comment je suis lâche comment je mythone etc.. en éludant les choses concrètes".


Oui concrètement, les grévistes et les témoins attendent toujours que tu lises leur mail concrètement et que tu leur donnes concrètement une date, des horaires et un ODJ d'une réunion. Alors, avant d'insulter les grévistes en leur disant qu'elles annulent au dernier moment les réunions, cherche dans le miroir le responsable de cette galère lamentaaaaaaable.


Les grévistes ont une vie, des problèmes personnels, accentués financièrement et socialement depuis le début de la grève, et iels en ont marre de ton irresponsabilité qui a mené à de telles discriminations et violences sociales dans un bar queer TPG féministe. Répondre à chacun de tes textes facebookiens ou de tes mails à côté de la plaque, ça devient du temps perdu malheureusement. Pourquoi prendre même la peine de répondre quand iels se voient encore saliEs alors que tu n'es pas capable de lire un
mail jusqu'au bout et de t'en acquitter ??


La réunion du 15 décembre t'avait demandé d'agir, d'arrêter les promesses en l'air, d’arrêter d’entrer à des fins personnelles en contact avec les grévistes... Encore un mensonge cinglant ?


> INSTRUMENTALISATION DES VIOLENCES SEXUELLES :


Pour celles et ceux qui l'ignorent, Ju a fait partie des personnes qui ont dénoncé l'instrumentalisation
des violences sexuelles par "Petunia" commise à des fins personnelles transphobes, dénoncée par la brochure « Paranormal Tabou ».


Dans son dernier texte "lettre ouverte" le patron de la Mutinerie Ju dénonce la minimisation des violences sexuelles par les grévistes parce que "s' [il] avait effectivement accusé cette personne de viol, personne ne m'a demandé ce que [il] aurait pu avoir vécu."


Il dit que l'accusation d'agresseuse sexuelle par l'une des grévistes est mensongère et n'a jamais été colportée par lui. Plus loin : "Si j'avais porté cette accusation qu'est ce qui vous fait penser que c'est forcément faux ?"


Tu le nies maintenant, soit. Mais tu persistes et signe à la traiter d'agresseuse dans un second cas. Tu sais, celui qui m'concerne, bouffon.


Récit d'un mensonge mal caché :


- fin octobre 2013 : il soutient qu’en plus de lui-même, cette même gréviste aurait abusé et harcelé sexuellement un "trans racisé" de Paris proche de la Mutinerie (dans un mail envoyé à une autre gréviste). Assez vague pour laisser le suspense, mais y'a trop peu de "trans racisé" dans cette
communauté pour que je ne finisse pas par être cité.


Autant l'dire clairement : cette gréviste ne m'a jamais agressé, ni harcelé sexuellement. D'ailleurs, il ne s'est même jamais rien passé entre nous ! C'est ouf nan, la vérité parfois? Alors, le suspense perdure, qui donc peut-être ce fameux "trans racisé" abusé et harcelé sexuellement par une gréviste ? Le nom n'est pas donné aux grévistes, sachant que je les soutiens depuis octobre, j'aurais pu rapidement nier en bloc et l'exposer.


- seulement parallèlement, début octobre 2013 : son ex qui est encore salariée au bar, se voit révéler de la bouche même de Ju que c'est bien moi qui ait été abusé par une gréviste! Plus pratique certainement de colporter cette merde à celles et ceux qui n'avaient pas encore quitté l'bar pour que j'leur dise moi-même que ça s'appelle un affreux mytho. Sachant qu’il sait que son ex est aussi survivante de violence sexuelle (2), il a carrément joué avec ce mensonge sur ses sensibilités autour des violences sexuelles pour la monter contre une des grévistes.


Tu sais c'qu'il te dit le trans métis? il t'emmerde.


C'est terrifiant d'voir qu'un mec, qui se prétendait ton super pote, et qui savait mes angoisses liées aux violences sexuelles à cause de mes propres traumatismes, colporte ce genre de foutaises pour sauver son royaume et son ego... tu pues à dix kilomètres.


Cette accusation de viol commis par une des grévistes ne s'est donc pas close sur la négation glorieuse de la rumeur du viol dans ta "lettre ouverte" après 6 mois de trashage des grévistes. Non, puisqu’en même temps, tu colportais cette accusation ridicule, humiliante pour elle et moi d' "agression et de harcèlement sexuel". Il aura fallu 6 mois aussi pour débrouiller ce second mensonge et rétablir une
communication entre grévistes, ex de Ju, ex-travailleuses à la Mut’ et bénévoles solidaires de la grève pour avoir le fin mot de cette sombre nouvelle histoire d'instrumentalisation des violences sexuelles.


Maintenant :


NE DONNE SURTOUT PAS DE LECON DE MORALE sur les violences sexuelles à ceux et celles qui pâtissent de celles-ci et de leur instrumentalisation par TOI SEUL.


COMMENT LAISSER PASSER que des accusations de viol, d'agressions et d'harcèlements sexuels aient été utilisées comme diabolisation absolue d'une personne ? Sans compter les accusations bourgeoises et racistes de vol, de travail et de violence d'Arabe (3) et de paresse des NoirEs, dignes des pires clichés coloniaux français…

Les accusations de violences sexuelles sont trop graves et destructrices pour être balancées sans raison contre quelqu'unE. ARRETE DE VIDER DE SON SENS l’accusation de « violence sexuelle » en la balaçant à tort et à travers !


COMMENT LAISSER PASSER que Ju, qui dénonçait il y a plus d'un an l'impact destructeur sur la vie d'une personne du stigmate de "violeur" ou d' "agresseur sexuel" par quelqu'une qui instrumentalisait la question des violences sexuelles, se prenne au même jeu pour salir une grève et donc la délégitimer? Ce n'est pas la question légitime, politique et publique des violences sexuelles qui a dépolitisé la compréhension de cette grève, seulement son usage calomnieux à des fins personnelles pour jeter le discrédit général sur les grévistes.


COMMENT LAISSER PASSER que Ju manipule le récit de gens qui ont, pour des raisons de vécu personnel traumatique, des fragilités à l'évocation de crimes sexuels, dans le seul but de redorer son image de gentil patron assiégé de toutes parts par des gens crapuleux ?


KHALASS !

> PAS BESOIN DE MEA CUMPA SI TU N'AGIS PAS :


Dans le dernier « Communiqué de l’équipe de la Mutinerie » publié sur facebook, les salariéEs actuelLEs (4) de la Mutinerie et rédacteurRICEs, reconnaissent la pertinence des grévistes en ce qu’iels ont signalé à juste titre des « dysfonctionnements » structurels.


A quoi peut bien servir de reconnaître l’existence et la permanence d’une structure raciste, sexiste et classiste si en même temps vous vous permettez de :


- Retenir les indemnités encore dues aux grévistes au nom de la solvabilité du patron


- Faire la morale du « vous ne montrez pas de bonne volonté » alors que le patron abuse de ses pouvoirs, ne tient pas ses engagements et est incapable de lire un mail des grévistes


Non, couper les vivres et vomir une morale bourgeoise du mérite n’a rien d’anticapitaliste, tout comme défendre l’intérêt financier du patron. Non, ça ne démontre absolument pas une dynamique de défaire la structure classiste du bar.


Si par anticlassisme, vous entendez «il ne faut pas stigmatiser les pauvres et les prolos", ce n’est qu’une stature morale. Rompre avec la domination capitaliste du bar signifie concrètement se défaire du pouvoir financier entre les mains d’un seul. Et vous continuez de maintenir les grévistes en situation de quémander, en ajoutant l’humiliation supplémentaire d’exiger d’iels de montrer « un peu d’bonne volonté ». Vous n’avez visiblement pas compris le sens de « comment devient-on aggressif-ve »…


L’idée d’une coopérative au final ne profiterait à celles et ceux qui profitent encore des faveurs du patron après l’exclusion des indésirables… Waah, ça c’est d’la remise en question !


A l'image de la société bourgeoise, la Mutinerie dresse au mérite les employéEs rebelles pour de l'argent, même s'il leur est dû depuis maintenant 6 mois !


Oui, même dans le milieu queer TPG féministe, les grèves peuvent être très longues et donc extrêmement pénibles pour les grévistes.


> PARIS A CHOISI : la Défense du lieu plutôt que des grévistes et des oppriméEs. La Défense plutôt que la Justice.


Le culte du "droit à la neutralité" face à la violence sociale, quand pourtant ce droit à la neutralité est automatiquement et légitimement soupçonné de complicité tacite dans les cas de violence sexuelle, n'a jamais été tant clamé par cette pseudo-communauté (et véritable oligarchie blanche-bourge) que depuis le début de la grève à la Mutinerie.


Pourquoi ? parce que les réseaux d'affinités des mondainEs peuvent se maintenir et continuer à faire la fête, face à la moindre importance de la question de la race et de la classe ainsi que de ceux et celles qui l'a vivent au quotidien dans leur chair et dans leur porte-monnaie.


CertainEs n'ont vu dans l'apparition d'une grève à la Mutinerie, non pas la mise en lumière de dysfonctionnements éthiques et politiques graves et d'instrumentalisations de nos luttes, mais le risque de voir leur lieu d'atterrissage pour un Mojito remis en cause. L'intérêt. L'intérêt.


Si c'était réellement par crainte de voir un énième lieu TPG queer féministe disparaître, l'évidence voudrait que l'auto-destruction programmée de la Mutinerie par ces pratiques dégueulasses internes (et non par l'existence d'une grève) ait amené la plupart à prendre parti contre l'impunité du patron et contre la poursuite de consommation au bar et de soirée hip-hop blanche... mais non.


En somme, les queers of color victimes du système raciste et bourgeois d'la Mutinerie n'était bien QUE minoritaires (pas seulement en nombre mais en terme de rapport de force) et donc négligeables. La majorité blanche et bourge peut continuer à clamer un droit à la consommation au bar puisque QUAND MEME ce lieu est vachement politique et safe contrairement aux autres pour nous.


Devinez qui se cache derrière le nous : pas d'renois, pas d'rebeus, pas des ex du patron, encore moins celles qui ont refusé de se soumettre, ni des genTEs qui n'ont plus de quoi payer leur loyer.


Lors des premiers mois de l'ouverture de la Mutinerie, des réunions de bénévoles de la Mut avaient été lancées pour faire vivre l'espace permis par ces nouveaux locaux TPG féministe queer. Un des premiers dilemmes qui l'a fallu aborder était la question de la gestion des violences : faut-il mettre en place une défense milicienne du lieu ou plutôt créer des séances d'auto-défense à titre d'émancipation individuelle ? il avait été refusé net de pratiquer la Défense du lieu, même de la Mutinerie parce que beaucoup d'entre nous ne savaient toujours pas répliquer aux agressions trans-bi-lesbo-homophobes et sexistes de leur quotidien.


Il faut constater que beaucoup étaient quand même prêtEs à débarquer pour lutter contre Quintonic pris pour des Catholiques de la Manip pour Tous, au pied levé. L'ennemi sera toujours facho et extérieur. Quand il s'agit de se mobiliser contre l'oppression interne au lieu, les TPG queer féministes solidaires se comptèrent bizarrement sur les doigts d'une main.


Aujourd'hui, les récents torchons du patron et des employéEs réaffirment tranquillement, dans le silence général (5), que la Défense (ici financière) du lieu passera avant les exigences saugrenues des grévistes de se voir payéEs et être reconnuEs victimes de diffamations et de racisme structurel.


> COMMENT AGIR POUR REELLEMENT CHANGER LA DONNE :


- DENONCER LE SEXISME du patron envers ses ex et employéEs qu'il a maintenue dans un rapport de
concurrence. DENONCER LA DOMINATION PATRONALE lorsqu’il renvoie et salit celles qui osent décliner, non c’est NON. DENONCER L’INSTRUMENTALISATION DES VIOLENCES SEXUELLES à des fins personnelles mais aussi à des fins de hiérarchisation des luttes (visiblement, la lutte contre le racisme et le capitalisme, aux chiottes!) et de dépolitisation de la grève (alors même que les violences sexuelles ne doivent pas être déconnectées d'une lutte politique publique!).


- ARRETER D’EXIGER DES GREVISTES QU’IELS SE CALQUENT SUR VOS CHOIX D’ACTIONS autour de la grève : insistance et chantage à l’AG pour obtenir du soutien (dont la tenue dépendrait de la transformation du bar, de SAS en association, et de la constitution d’un CA, sinon quelle légitimité ?) alors même que les grévistes ont très tôt exprimé leur refus de négociations stériles avant l’obtention
au préalable de la reconnaissance, d’égalité des droits, d’excuses et d’indemnités. Ce ne sont pas vos vies et votre réputation qui sont malmenées mais bien celles des grévistes. Accorder de la valeur aux paroles des grévistes, ce n’est pas essayé de faire des AG pour parler à leur place !


- DEMANDER DES COMPTES à votre bar « préféré » sur les indemnités et les excuses publiques et officielles toujours en attente pour les grévistes. A l'heure qu'il est, la galère ne fait que s'accentuer pour les grévistes : déjà 6 mois de grève, du mépris et de la complicité raciste et antigrève sur
facebook !


- BOYCOTTER toute forme de consommations et participations à la Mutinerie tant qu'elle ne prend pas acte de la gravité de la situation qu'elle maintient sur les grévistes (urgence financière, stigmatisation et diffamations des grévistes, etc...). Seule une pression globale permettra l'obtention de réparations et de changements de la structure interne.


1 : Le patron est trans comme il veut qu'on le rappelle. Effectivement, la transphobie existe et fait des ravages. Seulement lui fait partie de ces 0.01% de personnes trans qui peuvent se permettre d'être patron avant l'âge de 30 ans. Pas comme l'autre trans renoi gréviste, pour qui travailler dans ce bar signifiait la fin des entretiens d'embauche transphobes faisant craindre le pire au taff. Là, contrairement à toi qui pleure pour ton bar, lui comme les trois autres grévistes se retrouvent en grande difficulté, allant jusqu'à perdre son studio pour aller vivre chez une amie. Les bourgeois ne s'en rendent peut-être pas compte : mais se mettre en grève, en général, comme pour ces quatre grévistes, c'est se priver de revenus, se mettre dans la merde, surtout si la grève traîne. Alors quand la transphobie précarise des trans blancs, ceux qui contrairement à toi ne sont pas nantis, et qu'elle sur-précarise puissance mille des trans renois ou rebeux, nous n'allons certainement pas pleurer sur ta solvabilité bancaire alors que ton patrimoine personnel et familial est intact et qu'aucun-e des quatre grévistes n'ont jamais eu ce filet de sécurité. La transphobie est une question trop sérieuse pour qu'elle te serve à masquer tes privilèges de patron.


2 : ce point est publié avec le consentement de la personne concernée.


3 : Personne n’a oublié, Ju, que ta première réaction en octobre, à l’annonce que ton « super pote » trans, rebeu et muslim venait te parler de ta douteuse gestion de bar, ait été de répandre la rumeur qu’il vienne te taper et « casser le bar ». Voilà comment sont traitéEs les grévistes et leurs soutiens, par des stigmates racistes et islamophobes.


4 : Précisons ici que depuis le début de la grève, « l’équipe» actuelle, dont le nombre de grévistes et de démissionnaires en soutien à la grève a obligé le patron à renouveler sa main d’oeuvre se permet de juger publiquement la grève. Comment des employéEs embauchéEs après le début de la grève peuvent se proclamer « collectif » et statuer légitimement sur les revendications des grévistes et une
situation qu’iels n’ont donc pas connu ? Et, tandis que de nouveauxELLEs salariéEs arrivaient, les grévistes se voyaient proposer des indemnités de « chomâge » ??!


5 : à l’exception du soutien de queers of color, de quelques féministes radicales et des Comités de Soutien Grenoblois, Marseillais et Parisien aux grévistes de la Mutinerie.

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30 décembre 2013 1 30 /12 /décembre /2013 23:19
Santé ankylosante

Il y a près de 3 ans, j'ai commencé à m'plaindre de douleurs articulaires aux niveaux des coudes, des douleurs vives et même des restrictions pour les bouger ou pour soulever des objets pas spécialement lourds.

A l'époque, j'avais vu un médecin de la fac de Nanterre qui trouvait ça limite risible mais m'envoya quand même chez une rhumato du Centre Médical Europe à Paris. Ce lieux, j'ai dû y passer plus de temps qu'chez ma mère ces dernières années, hihi.

La rhumato d'là-bas, plus avertie, m'a mis en confiance et m'a envoyé faire une série de tests. J'ai tout eu : sang bien sûr, bilan oculaire, radio, urine, etc... Avec les résultats, elle soutient qu'il pourrait s'agir d'un lupus. Elle souhaite l'expertise d'un confrère en parallèle, à Bichat, pour éclaircir cette thèse et mon cas plus généralement.

Un cycle commence, composé d'angoisse sur ce qu'il m'arrive et de prises de sang tous les 3mois. Tous les 3 mois, c'est le rythme aussi où je vois cette rhumato du CME, histoire de voir dans quel état je suis avec le début d'une médicamentation continue (qui joue beaucoup sur ma décision de prendre ou non d'la T, perçue dès lors comme traitement supplémentaire) et, à long terme lourde pour mes organes : des anti-inflammatoires en gros dosage accompagnés d'un protecteur gastrique (mon ordonnance ne permet jamais d'en avoir assez). Tous les 6 mois par contre, je vais voir l'autre rhumato de Bichat, plus solennel (il enregistre toutes ses constations sur bande cassette), agréable mais moins disponible. il ne répond à aucun mail bien qu'il me l'ait donné en cas d'urgence...

C'est lui qui a très vite, au vu de mes examens sanguins (10 tubes minimum par prise de sang en général), écarté l'idée d'un lupus. Mais les causes de mes douleurs articulaires n'en sont pas moins obscures. Mon père, ma grande-mère maternelle, et la plupart d'ma famille paternelle guyanaise sont mort-e-s de cancer et, plus proche de moi, il y a aussi une hyperthyroïdie, en plus d'un sale antécédent arthritique à l'âge de 2 ans. Mais ce sont mes symptômes actuels qu'il prend surtout en considération : douleurs, faiblesse musculaire, raideur. Le terme qu'il apposera sur mon dossier sera finalement celui de "spondylarthrite antkylosante", une maladie rhumatismale inflammatoire qui provoque une dégénérescence articulaire liée à un antigène HLA-B27 que j'portais et que j'développais en cette année 2010.

J'ai mis plusieurs années avant d'retenir ce nom de "spondylarthrite ankylosante", j'étais pas non plus angoissé après qu'un nom définitif ait été imposé sur mon état de santé. Et, à ce moment-là, j'avais encore la plupart de mes capacités. Grâce à Dieu, j'n'ai pas la forme la plus sévère qui atteint la colonne vertébrale. Le statut de travailleur handicapé peut aussi être reconnu dans certains cas.

Pendant près d'un an, je suis ce rythme devenu machinal pour moi d'aller voir des professionnels de la santé quasiment 4 fois par mois (labo d'analyses médicales, rhumato x 2, examens quelconques en rapport), en observant plus ou moins bien mon traitement journalier à base exclusivement d'anti-inflammatoires, le tout 100% remboursé par la Sécu en tant qu' "affection de longue durée". Mes études et ma vie alors (j'venais dégoter un boulot stable et un appart en cité U) se conjuguaient très bien avec. Je faisais pas mal de sport (boxe anglaise, muscu et cardio aux centres sportifs de Nanterre), j'voyais pas mal de gens et j'pouvais sortir pas mal sur Paname. J'entamais aussi des démarches pour commencer ma transition.

Eté 2011, j'ai commencé à ressentir une grosse douleur au genou droit, qui a commencé à m'faire boîter, à m'empêcher de sortir du lit superposé d'ma studette. Il avait enflé le double du genou gauche. j'boîte jusqu'aux urgences de Nanterre mais ce ne sont pas leur spécialité, il m'renvoie chez un doc de Nanterre privé pas du tout attentif. J'dois patienter jusqu'au lendemain, retourner sur Paris chez ma rhumato pour la retrouver en urgence, malgré toute la difficulté du déplacement hors banlieue, sans caisse évidemment.

Au collège, j'regardais Urgences, pour Dr Carter & Dr Benton évidemment! J'pensais qu'les ponctions n'étaient que lombaires et réservés à d'autres que oim. J'ai compris mon erreur en voyant la taille et la pénétration de l'aiguille. La spondylarthrite ankylosante fait parti des maladies auto-immunes : mon système immunitaire est en suractivité et mes genoux par exemple produisent du liquide bloquant leur coulissement. La ponction permettait donc d'enlever ce trop plein d'liquide à coup de pchouit pchouit sur mon genou. Liquide jaunâtre et visqueux qu'j'devais ensuite faire analyser.

Mon genou s'est mis à très bien refonctionner, mes coudes me relançaient un peu et une opération double (les deux coudes) se préparaient en mars 2012. Mais là c'était la rentrée 2011, j'venais d'emménager en banlieue chez un mec inscrit sur Effigies raciste (monsieur baise avec des "bougnoules" parce qu'il n'arrive pas à trouver "mieux") et transphobe (il a suivi une femme trans pour voir si elle se ferait casser la gueule dans le 18è). Rentrer à la maison était particulièrement stressant et, à côté de ça, mes cours étaient au centre de Paris avec une connasse nombriliste qui m'utilisait comme un iench, mon boulot ne me proposait aucune minute de pause pour 3h minimum d'heures supp par semaine, sans week-end complet et j'commençais le permis moto, mon rêve depuis qu'j'ai 14 ans.

Par crainte de m'apitoyer et pour pas m'donner des excuses par virilisme, j'taisais à l'auto-moto-école mes douleurs articulaires, principalement aux coudes à c'moment-là, en hiver en plus saison détestable pour les rhumatismes. Alors j'passais pour maladroit sans piper. Il m'en aura fallu beaucoup de temps, donc beaucoup d'argent alors pour arriver au permis mais j'ai jamais rien dit aux moniteurs machos sur le pourquoi. J'ai même choisi de concilier le jour de l'infiltration à hexatrione (qui s'engage dans tout l'corps comme un venin bien douloureux) dans les deux coudes, avec la programmation d'l'exam plateau de moto.

Printemps 2012, j'en étais arrivé à la meilleure période de santé depuis la découverte de ma maladie. Elle me semblait presque du passé, même si je savais que j'pourrais pas m'en défaire de la vie. Mes coudes ne m'relançaient plus, j'me contentais d'prendre mes médocs régulièrement sans autre souci articulaire donc j'n'avais pas de contrainte physique lourde. Et puis, j'avais mon premier appart en location (hors cité u), mon permis moto en poche, mes études d'arabe m'épanouissaient grave et, après 2 mois de chômage stressant, j'avais retrouvé des boulots sympas : prof à domicile et libraire en musée. Chaque opération articulaire que j'avais subie auparavant, que ce soit des coudes à l'hôpital ou du genou dans un simple cabinet d'rhumato, où on m'faisait une infiltration (injection de corticoïde puissant type hexatrione) en plus d'une ponction (sortie du liquide ankylosant), me garantissait une bonne santé articulaire sur plus d'un an ou deux.

En juillet 2012, j'apprends que ma candidature, lancée sans même espoir d'aboutir, pour une bourse d'apprentissage intensif de l'arabe et du dialecte égyptien, m'envoie dès octobre au Caire ! Mon médecin me prescrit des doses d'anti-inflammatoires pour 6 mois, retirables d'un coup. 6 mois seulement donc : même en cas de traitement, pris en charge à 100%, tu dois te débrouiller pour revenir dans 6 mois si tu veux suivre ton traitement parfois vital. Autre point relou, tu dois faire valider cette ordonnance par ta mutuelle avant de pouvoir les récupérer ! Attente de 3 semaines minimum (selon la lenteur de ta mutuelle) sans tes précieux médocs au quotidien (si t'en as plus d'côté) et dans l'angoisse de ne pas les avoir avant ton départ du tout. M'y étant pris à l'avance, j'les ai eus 3 semaines avant mon départ. Mon rhumato de Bichat m'avait promis que l'air chaud et sec égyptien ne pourrait que m'faire du bien.

J'ai pas été déçu, même l'hiver les températures sont pas descendues en dessous de 15. J'pouvais me permettre d'manquer mes prises de médocs quotidiennes sans bader puisque quasiment jamais je ne ressentais de douleurs articulaires. On a même commencé à faire des matchs de foot réguliers, assez longs et intenses sous les ponts du Caire entre copains italiens et égyptiens. Ca m'fatiguait que musculairement vu qu'j'avais drastiquement arrêté l'sport depuis mon inscription en arabe à la fac de la Sorbonne, fac qui ne proposait alors que des sports à la con de riche (tennis, escrime, golf...). Aller prendre l'air à Bur-Saïd, sur la facade méditerrannéenne, où contrairement au Caire y'avait du vent et d'la fraîcheur, n'avait pas du tout de contrepartie négative pour mes articulations non plus. 10 mois où j'avais presque oublié qu'j'avais cette condition.

Je stressais d'rentrer en France en juillet 2013 mais surtout par rapport à la recherche de taf vu qu'j'abandonnais totalement les études (donc la bourse, la mutuelle étudiante, le pass navigo remboursé à 50% par le 9-4 etc...), j'avais plus d'appart, plus envie d'rester à Paris en général. Après 15 jours seulement de retour en France, mon genou droit s'est mis à bugger et à gonfler. J'me dis, c'est le hasard, une p'tite ponction dans le cabinet d'ma rhumato et puis c'est bon. Sauf que chaque ponction est un petit supplice, accru si on m'injecte ensuite un produit censé me requinquer (un corticoïde type Altim). J'me suis aperçu récemment que c'est c'quon faisait parfois aux sportifs de haut niveau, histoire de masquer leurs douleurs jusqu'à ce leur corps lâche de façon impressionnante (genre Ronaldo, le Brésilien) autour de la trentaine. Ajoutez à ça tout un tas de problèmes personnels sentimentaux, financiers et administratifs, ma santé sentait bon la loose à peine le cul posé en France. Je sortais certes des 35 à 40° quotidiens du Caire depuis le mois d'avril mais j'revenais en région parisienne en plein été quand même ! Deux p'tits week-end en Bretagne fin juillet ont permis d'me détendre un peu mais dès mon retour à la recherche intensive d'emploi et de constitution de dossier RSA en août, mon genou s'est à nouveau engourdi. Une 2nde ponction puis quelques semaines ensuite une 3ème ! 3 ponctions en un mois et demi ont donc rythmé mon été parisien où j'alternais difficilement entre le logement en banlieue chez ma mère ou ma copine (1/2 heure de voiture pour 1h30 de RER sachant que j'n'ai toujours pas de véhicule), vu que sans boulot me dégoter un appart est impossible.

Concrètement, chaque crise articulaire, en l'occurrence cet été, chaque inflammation importante du genou droit, signifie signifie boîter sévère, ne plus pouvoir plier la jambe y compris assis ou en prenant les escaliers, ne plus courir, mettre le double du temps pour parvenir à un point. Ces problèmes ne font pas d'moi une exception et beaucoup sont partagés par des personnes âgées et/ou handicapées, malades, de forte corpulence, par des personnes manipulant des poussettes ou des charges lourdes de travail : se faire bousculer aux heures de pointe, se faire mal considéré-e car son corps oblige à prendre telle place plutôt qu'une autre, être pris-e pour un con-ne par la prétendue accessibilité des moyens de transport et des bâtiments publics, etc.

A la troisième ponction en septembre, la troisième depuis mon retour, ma rhumato me dit que quand même une opération visant le rétablissement sur la longue durée serait préférable. Effectivement plutôt utile vu qu'à chaque gonflement et raidissement handicapant du mois d'août j'avais dû solliciter en urgence, quasiment en suppliant qu'on puisse me prendre en charge entre deux patient-e-s pour une ponction dégonflant mon genou (sachant qu'un RDV aurait pris 1 mois et que les urgences ne m'auraient pas opéré). J'accepte immédiatement l'idée d'ma rhumato d'une opé plus en profondeur à la suite de la 3è ponction : l'opération sera semblable à celle des 2 coudes qui avaient bien fonctionné l'an dernier. la chance est avec moi et au lieu d'attendre 1 mois et demi avec la crainte d'un nouveau gonflement entre temps, une place se libère 5 jours après à l'hôpital Saint-Antoine.

C'est déjà chez eux avec la même équipe de radiologue, chirurgien et infirmièr-e que j'avais déjà été opéré des coudes l'an passé. du coup, je retrouve le fanfaron de l'équipe et ses blagues de CM1. Comme pour les coudes l'an passé, l'opération se passe bien, le résultat est efficace mais la douleur encore plus insupportable que pour les ponctions en cabinet. Tu sens tes nerfs s'agiter au moment de l'infiltration du produit miracle et tout ton corps se crisper de douleur. On s'en sort à coup d'prières entrecoupées de "mrgghhhraa" et de larmes au bord des yeux généralement. Oui, il y a toujours une anesthésie locale à l'hôpital, ce qui n'est pas l'cas au cabinet en ville mais paradoxalement, tu douilles plus.

Je suis les conseils du médecin, j'me repose bien les jours suivants et j'force pas d'la semaine mais s'ouvre pour moi de nouvelles perspectives début octobre 2013 : la reprise de l'arabe avec les cours du soir municipaux et l'envie de reprendre le sport vu qu'les problèmes articulaires lourds sont derrière moi. Mes coudes et mon genou droit sont guéris et j'continue à prendre mes médocs pour prévenir de futures crises. J'avais repéré une bonne salle de boxe anglaise en début d'année sportive. L'ambiance et l'entraînement sont bon-ne-s malgré le prof couillon. J'avais repris la course à pieds (légère) d'puis mon retour en France, bien que j'ai du stoppé plusieurs fois à cause des crises liées au genou. J'commençais à même reprendre du poids, à refaire de l'exercice musculaire doux ou des étirements simples et la reprise bien qu'épuisante se passa bien. j'me sentais remonté à bloc, j'avais même investi dans un sweet et pantalon de sport façon Rocky. Le sport, comme la musique, m'a toujours donné une sacré pêche.

Une semaine après, avant même de pouvoir retourner en salle de gym, sans ressentir des courbatures liées à la reprise du sport, mon genou gauche pour la première fois me lâche. j'avais envie d'tout envoyer chier. Le sport n'a jamais été mon but ultime mais juste un moyen pour me rééquilibrer progressivement sans forcer alors qu'j'attendais encore mes indemnités d'pôle emploi, mon RSA, la carte solidarité transport, un boulot et le verdict pour mon changement d'prénom.

Mon découragement me donnait des pulsions morbides et j'avais juste envie de reprendre ce dont j'm'étais quasiment privé depuis un an : alcool, clopes même si je ne suis pas un grand consommateur. Me laisser aller puisque même ce que me faisaient les médecins n'allaient pas ou était toujours insuffisant : on m'guérissait temporairement le genou droit pour que deux semaines plus tard mon genou gauche me réveille de douleur dans la nuit, alors que ça n'm'était jamais encore arrivé.

Cette phase de découragement, pas facile ni pour mes proches ni pour mon équilibre perso, m'a quand même rappelé un truc ; contrairement à ma santé, j'l'avais bien saisi à propos d'mon identité de genre : je n'ai pas besoin d'être dépendant d'un doc pour m'apprendre à être bien avec moi-même.

Mon découragement m'a fait refuser de retourner encore une fois en suppliant qu'on m'ponctionne pour m'apaiser temporairement. Puis, j'ai pu premièrement m'interroger plus globalement sur le type de traitement (lourd et moyennement efficace) que je recevais et les analyses qu'on m'délivrait (ma rhumato m'a soutenu que mes 3 crises articulaires à mon retour en France était du pur hasard, tandis que mon rhumato à Bichat m'avait évoqué les bienfaits du soleil et de la chaleur en Egypte pour les problèmes articulaires). Deuxièmement, j'ai commencé, petit à petit, à chercher d'autres traitements, méthodes et type de praticien-ne-s. Cette phase ayant été riche d'échanges avec des personnes proches (ma mère et une amie) sur leurs problèmes articulaires propres. Je me suis rendu compte que je n'en parlais que pour me plaindre (même si c'est légitime), pas pour échanger des conseils. Troisièmement, j'ai pu prendre du temps pour moi-même alors même que j'continuais à jouer "l'hyperdisponibilité" dans un contexte politique parisien extrêmement tendu.

Cela fait maintenant trois mois que je vis avec mon genou gauche enflé, tout en étant sous traitement médical traditionnel (anti-inflammatoires délivrés sous ordonnance), en prise régulière de tisane/gélule/ampoules de plantes anti-inflammatoires voire avec crème anti-inflammatoire (initialement pas pour mon genou). Le problème principal est économique car si j'ai pu enfin depuis touché mes indemnités chômage et reprendre en décembre un boulot après 4 mois de chômdu, je peux difficilement me payer toute sorte de remèdes phytothérapiques sur le long terme parce que c'est pas remboursé du tout, contrairement à mon traitement standard. Autre problème : mon coude gauche lui aussi, moins de 2 ans après une opé lourde à Saint-Antoine, s'est raidi pour ne plus pouvoir se tendre.

Récemment aussi, au début du mois de décembre, une pote m'a parlé d'un mec cool rencontré il y a peu qui finissait ses études d'osthéopathie et qui avait besoin de patient-e-s pour s'exercer au métier. Pour moi, ça signifiait ne pas avoir besoin d'ordonnance improbable avant une attente longue avec une rhumato et pas d'honoraires. Le type se révèle vraiment sympa en plus, à l'écouter et capable de m'informer sur ce qui détraque et soulage mon corps. En plus, il est à côté d'mon taf et, à chaque séance, j'ressors avec les articulations plus légères.

Discuter entre malades et avec l'osthéo m'a tourné vers des bénéfices aussi simples que : le soleil, la mobilité sans trop forcer (je me maintenais durant les mois de chômage et de maladie d'octobre à novembre en quasi-immobiilité permanente sans sortir de peur de relancer mes douleurs), la baisse de la consommation de laitage (recalcifiant mes articulations déjà trop rigides), etc...

On m'a parlé de beaucoup de choses qui pourraient m'aider, en vrac : crème de venin d'abeille, huile de gaulterie, natation (mais je ne sais pas et ne veut pas nager), vélo (je n'ai pas de vélo et il n'y a pas de vélib ni dans la ville de ma mère ni dans celle de ma copine), de mésothérapie (injection à faible dose), de magnétothérapie, de hammam, de jeûne thérapeutique, de régime crétois, de de régime sans gluten, d'acupuncture, de yoga, tai-chi, qi-gong, de kinésithérapie. J'ai surtout pensé à me casser loin d'Paris, dans un coin d'l'hexagone ou des DOM que j'connais et où le soleil ne manque pas. Pour le moment, j'ai retrouvé du travail et aussi l'occasion de sortir et de bouger à même de me faire du bien sans exagérer les efforts. Mais j'ai dû me résigner à regarder le foot comme un sport de spectacle et non comme une activité extérieure que j'pourrais pratiquer.

On verra par la suite comment ça évolue et ce que je préfère en faire. Je sais aussi qu'à la différence des traitements standards des pharmacies, la phytothérapie (médecine à base de plantes) peut s'avérer plus longue en terme de convalescence bien qu'avec moins d'effets secondaires. Ca n'est pas mon seul traitement et je ne pense pas non plus qu'il se substituera tout de suite à mon traitement standard d'anti-inflammatoires pharmaceutiques. Pourtant, depuis longtemps, j'refuse de prendre des médocs pour des trucs comme la crève et j'essaie le moins possible pour les maux d'crâne. D'ailleurs, en dehors de ma spondylarthrite, je tombe rarement malade. Maintenant avec ma maladie, il ne s'agit plus pour moi d'une alternative entre le Doliprane et le baume du tigre. Le challenge n'est pas dans le devoir de retrouver Mère Nature mais dans l'instinct ou non d'faire confiance à la phytothérapie parfois (et d'autres médecines) et d'autre fois à un traitement lourd standard face à une maladie pouvant être gravement incapacitante, que je garderai jusqu'à la fin d'ma vie.

Santé ankylosante
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12 juin 2012 2 12 /06 /juin /2012 14:04

CE QUE L'ON ENTEND OU POURRAIT ENTENDRE QUAND JE ME DIS BI :

 

Pourquoi est-ce que j'utilise le mot bi pour parler de moi?

Pour beaucoup, j'ai l'impression qu'il s'agit d'un entre deux entre l'homosexualité et l'hétérosexualité mais pas du tout pour moi. Cela signifie grosso merdo pour pas mal que lesbienne = meuf + meuf, gay = mec + mec, bi = mec + meuf/ou/mec ou alors meuf + mec/ou/meuf.

Non seulement il n'y a pas de moment où je me sens/sais hétéro et d'autres homo mais quelques soient mes relations, je ne vis pas hétéro à un moment et homo à d'autre.

Je vais utiliser le terme de bi-sexualité car il n'y a justement pas d'homo- ou d'hétérosexualité, même concomitantes dans ma vie.

 

La bisexualité désigne la sexualité et, par extension à ces terminologies issues de la science de la perversion sexuelle, les attirances, relations, affections, désirs, blaba...

Elle désigne aussi la double dynamique, différenciée sexuellement a priori, de ces attirances et relations. Traditionnellement, on la limite à l'amour/le désir des hommes (les mâles) et des femmes (les femeus)

 

Mais qu'est-ce qu'il y a de double dans ma sexualité et est-ce que d'un côté je kiffe le Mâl et de l'autre côté je kiffe aussi les meufs ?

Ca impliquerait que la nature de mon désir/amour se définirait par le sexe de l'autre. Que ma bisexualité existerait autant que j'aime les mecs pour le fait qu'ils soient (vraiment) mecs et les meufs pour le fait qu'elles soient (vraiment) meufs.

Ca impliquerait également que rentrer dans un tel schéma différentialiste, je serai moi même (vrai) homme ou (vraie) femme, parce que la construction de la bisexualité comme celle des autres sexualités s'est faite de façon transphobe en Occident.

 

JE SUIS TRANS ET BI : EST-CE POSSSIBLE ?

 

Les récentes évocations politiques de l'identité bi ont été faites avec la normalisation – par l'invisibilisation - de l'élément de départ « cisgenre ». Clémence Garrot incitait les mecs bissexuels a complété son tableau plus axé meufs bissexuelles [référence globale en fin d'article]. Ici, c'est un trans masculin qui prend la parole, qui ne se reconnaît pas en meuf ou mec justement.

 

TouTEs les trans se disent-iels meufs ou mecs? Te dis/dirais-tu biE pour la soi-disant "dualité" d'une personne trans qui te plait et qui ne serait ni mec ni meuf ? Et moi en tant que trans, me dis-je bi faute de mieux? Faute de "pan-sexuel" compréhensible?

 

Oui, je pourrais dire que mes attirances me portent vers les personnes masculines et féminines. En même temps, de façon parfois plus complexes : je peux aimer la masculinité d'une personne considérée/qui s'identifie comme meuf. [Et alors ? J'aime aussi les bras poilus et l'humour, quelque soit le sexe/genre chez une personne.] Comment décrire ça, vu qu'on est somméEs pour de bonnes (savoir de quelles positions on parle) et de mauvaises raisons (coming-out forcé) à caser nos identités et attitudes ?

 

Bah, t'es bi. Même si on veut réduire mes attirances et relations au schéma sexuel et genré [en mettant d'côté tout c'qui peut nous attirer en définitive vers des gens et c'que la norme sociale (autre qu'hétérosexiste) nous fait aimer chez certainEs [l'élite baise avec l'élite, le prolétariat se reproduit avec le prolétariat,...*], en disant que parce que j'kiffe et les mecs et les meufs par exemple, je ne peux pas – pour ma part - me dire bi pour cela uniquement.

 

Non. Bi ou pan, encore une fois débarrassé du sexuel au bout, j'l'utilise par défaut non pas parce que j'suis attiré et je relationne avec des personnes quelques que soient leurs sexes, genres et identités, mais parce que je ne me dis pas hétéro ni homo dans aucune de mes relations/attirances.

 

Trans masculin, j'n'ai heureusement plus beaucoup à expliquer pourquoi je ne suis pas lesbienne en relationnant avec des personnes féminines, perçues/se définissant comme meufs, même si elles ont un vécu de lesbienne**. L'amalgame, on m'le fait presque plus, mais si quelqu'unE s'dit ftmgouine, c'est son truc - que j'respecte, juste pas l'mien.

Dans les groupes en non-mixité transpédécis, j'préfère dire d'entrée que j'suis pas pédé mais bi. Mon attirance n'est pas exclusivement pour les mecs et cela ne définit pas mon désir/mes relations, donc, je ne me dis pas PD, tout simplement. Y'a plein d'choses que j'ai pas en commun avec eux, sans jugement de valeur.

so-are-you-straight-now.jpg                                                                                              © L. Weingarten

Suis-je hétéro pour autant? Non, parce que ça impliquerait que j'me reconnaisse comme d'un sexe déterminé aimant le « sexe opposé». De plus, je ne bénéficie d'aucun privilège hétéro : quand j'suis en relation avec une personne féminine, on me perçois comme gouine. d'ailleurs, 80% de la journée, même sans être accompagné, on me perçoit comme gouine.

Ça s'lit jusque dans les plis d'l'la gueule comment t'es reçu, en même temps que « sale métèque, sale punk, sale gaucho », d'toute façon, j'crois pas en la double-triple oppression parallèle, c'est un croisement qui t'explose à la gueule à ta moindre sortie dans la rue, à ton moindre entretien avec l'Etat.

 

Bref, sans être une meuf, je suis quotidiennement victime de sexisme, sans être une gouine, je suis continuellement victime (voire avec les personnes qui m'accompagnent) de "lesbophobie" (mais ce terme n'est pas adéquat) et en étant trans, déclaré/médicalisé/judiciarisé, je subis radicalement la transphobie. Et la bi-sexualité n'existe pas qu'au pays des cis.

 

POURQUOI AU FOND ETRE BI ?

 

Bi ne peut pas d's'départir pour la définition de mes attirances de pas mal d'explications. Celles notamment que j'viens d'avoir plus haut. Je suis bi par défaut, car ce mot est problématique en tant qu'il différentialise selon des critères sexistes mais visibilise facilement pour moi une réalité multiple vécue que je ne pouvais pas signifier par hétéro, homo, lesbienne.

 

Je suis bi parce qu'au fond, en tant que trans masculin qui n'est et ne veut pas être un mec, en tant qu'personne qui kiffe des personnes qui s'identifient comme meufs et qui kiffe des personnes qui s'identifient comme mecs et qui kiffent les oeufs mouillettes, je ne trouve pas de termes appropriés pour parler de ce champ d'attirances. Je ne suis bi autant que je ne suis rien, autant que je suis pan autant que je ne suis pas hétéro, pas lesbienne, pas pédé. Je suis bi sur déclaration/vécu et non, ça ne peut pas se comparer au fait d'être métisSE (private attack 2) !

Mais aussi parce que pour parler de relations spécifiques, les termes de relation hétéroTE ou de relation lesbienne, ne colleraient pas. Elles impliqueraient des privilèges, des identifications, que je ne ressens pas dans ces relations vécues et actuelles.

 

Je suis bi aussi parce que je ne suis pas là pour inventer de nouvelles étiquettes en pensant naïvement qu'elles seront moins connotées que d'autres, ou encore pour éduquer les cis. Parce que les trans sont somméEs d'êtres des êtres révolutionnaires après avoir été (et continuent d'être perçuEs comme) des êtres spectaculaires. Révolutionnaires pourquoi pas, mais somméEs par des cis de subvertir la norme pour leur thèse et délectation personnelles, dégage !

Les trans questionnent les normes traditionnelles de sexualité homo, hétéro, bi, lesbienne, autant qu'iels le veuillent bien ! Ce n'est pas parce qu'on est trans qu'on est forcément en dehors de ces étiquettes traditionnelles de sexualités ! CertainEs se diront gouines, d'autres hétéro, d'autre transpédé, on s'en branle en fait. Les catégories traditionnelles "homo", "hétéro", "bi", "lesbienne", ont demandé à être repensées au moment même de leur création en Occident, n'imposez pas aux trans de révolutionner votre prisme de croyances.

 

Ceci n'était qu'un avis perso de ma façon de voir une de mes identités, celle de bi. Pas mal de choses manquent sur la question, déjà votre perception et définition bien personnelle de votre bi-sexualité. Et je n'ai pas parlé de biphobie parce que j'ai du mal à la cerner (bien que je la vois courramment) et de fierté bie parce que j'n'en ai pas plus que la non-honte de l'affirmer. Mais je ne considère pas que les biEs et les trans hétéros sont victimes de plus de mépris que d'autres parcours LGBTQ (private attack 3) !

 

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* Concernant l'attraction et la relation qu'on peut avoir pour/avec une personne, j'pense qu'il est nécessaire de voir que le hasard a finalement très peu d'place dans ce croisement complexe relationnel de milieu, de race, d'âge, de handicap, de classe, de genre, de sexe, de taille... chez les militantEs antiracistes, féministes, queer, de gauche aussi sont reproduits énormément de préjudices sociaux dans nos choix et modes de relations. Et il n'y a pas de neutralité politique à être transloverUSE, fat-admirer ou exotisant envers les personnes de couleur et les étrangerEs...

 

** L'usage du terme "relation lesbienne" doit être questionnée dans les relations de personnes qui s'identifient comme lesbiennes avec des personnes trans masculines. Cela conduit d'une part à sous-tendre que relationner avec un trans mec, c'est du lesbianisme, que d'autre l'identité trans reste invisibilisée et opprimée au sein même d'une relation. Mais je trouve aussi que c'est d'la merde de considérer automatiquement 1 meuf + 1 mec trans = relation hétérote (private attack 2). Encore, une fois, ça dépend d'elles et d'eux.

 

*** Ce qui implique aussi dans mes attirances/relations en tant que trans masculin perçu la plupart du temps comme meuf, l'absolue transphobie du milieu gay dominant (cis blanc bourgeois parisianiste) où toute relation que je pourrais avoir à l'heure actuelle avec un mec gay cis serait perçue comme hétérote parce je suis né assigné meuf.

   

Quelques réf ' à lire et à voir:

 

Le Placard bi, Ané El : en brochure papier pour l'moment

 

« Le B de LGBT » : http://www.minorites.org/index.php/3-lagence/922-le-b-de-lgbt.html, Clémence Garrot

Projects of L. Weingarten : link

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22 novembre 2011 2 22 /11 /novembre /2011 23:14

!أهلاً


.إسمي دويل. أنا فرنسي.أناعندي ٣٥سنة

أسكن فى باريس ، أدرس اللغة العربية في الجامعة. لي عمل ايضا

أنا ولد : هذا هويتي .لست رجلا أو مرأة

أنامستيسو و ثنائي الجنس و المتحولون

.جنس


ما أحب : كرة القدم، الملاكمة، سينما، الموسيقى (البلوز)، السياسة، الأدب، التاريج القديم

يمكنك ان تكتب\ تكتبي باللغة العربية، سأجيب قريبا، إن شاء الله

!إلى للقاء

 

أنا من هناك. ولي ذكريات"، من قصيدة محمود درويش"

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9 octobre 2011 7 09 /10 /octobre /2011 09:41

Du mythe littéraire d'Hermaphrodite à une parole autonome et critique des intersexué-e-s en littérature

- Analyse comparée de textes littéraires occidentaux sur les intersexuations, depuis les récits mythiques de l'Antiquité, à travers les discours symbolistes, médicaux et moraux modernes, jusqu'à l'apparition du roman contemporain, qu'il soit réaliste, autobiographique ou même de science-fiction -

intersex thea hillmann

     J'ai soutenu ce mémoire fin septembre 2011 après une année de recherches intenses. Ceci est une version non-corrigée (l'intro est à revoir, fautes orthographiques nombreuses, présentation non-aboutie à plusieurs endroits).

     Son objet est tant l'analyse de la construction historique d'une littérature de l'intersexuation avec ses motifs propres, ses mythes (le dieu Hermaphrodite) et ses discours (conservateurs, militants, esthétisants) que la recherche de l'influence du mythe littéraire d'Hermaphrodite (fantasmes, amalgames, discours pathétique ou tératologique) dans l'écriture littéraire et scientifique de l'intersexuation jusqu'à nos jours. En effet, nous verrons que les premiers ouvrages à prétention scientifique en langue romane tâchant de décrire des "hermaphrodites" sont principalement influencés par des récits non-scientifiques, des thèses racistes et sexistes. Leur influence reste encore à ce jour très forte.

     Dès l'Antiquité jusqu'au XXIè siècle, plusieurs ouvrages, souvent rares et méconnus, ont toutefois cherché à faire entendre un autre discours que celui de la malédiction, la perversion ou la morbidité des personnes intersexuées. Que ce soit afin de stopper la mise à mort de nouveaux-lles né-e-s du fait de leur intersexuation, questionner la ségrégation masculine / féminine des sociétés patriarcales occidentales, raconter à la première personne la marginalisation et le combat pour exister, dénoncer l'assignation de force à un sexe.

    Loin d'être homogènes, ces récits de défense des personnes intersexuées et de l'intersexuation rentrent parfois en conflit entre elles : certain-e auteur-e intersexué-e peuvent apprécier le récit mythique d'Hermaphrodite et se le réapproprier même si beaucoup vont le rejeter  comme mystification ; d'autres écrivain-e-s intersexué-e-s vont reprocher aux romans réalistes pro-droit des personnes intersexuées leur "incarnation" à nouveau mystifiante dans un "je intersexué-e"...

    Vous retrouverez ici la présentation (couverture, dédicace, sommaire), le corps du texte (parties, bibliographie, iconographie) et les annexes (tous les textes courts du corpus et autres documents) : link

    Bonne lecture ! N'hésitez pas à m'envoyer vos ajouts et critiques !

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7 mai 2011 6 07 /05 /mai /2011 10:19

Pour l'instant essentiellement consacrer à la musique que j'aime (oï, rhythm'n'blues, rockabilly, musiques arabes, trash rock, jazz vocal, garage occidental et asiatique....), mes vidéos sont encore peu nombreuses parce que je dispose de peu de temps et que mon matos est médiocre. J'utilise pour l'heure un logiciel gratuit, donc limité, de création de vidéos. Vous pouvez regarder toutes mes diffusions en cliquant sur mon pseudo Doyle دويل.

 

Prochaines mises en ligne :

 

Jerry Spider Gang - Kinky Pussy

Gary Kaye & Essentials - Cinderella

Kings of Nuthin' - Fight Songs For Fuck Ups

Prodige (Anfalsh) - Le Flic, le Porc, le Bourge

Bill Monroe & His Texas Playboys - No Letter in the Mail 

Larry Williams & Johnny Guitar Watson - Baby (1965)

 

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2 mai 2011 1 02 /05 /mai /2011 03:14

   Un truc simple, qui en apparence semble intégré à notre esprit d'activiste trans, mais qu'on oublie finalement sans cesse, c'est la formidable différence de CHAQUE parcours trans. Pas seulement la différence entre un parcours trans MTF d'un parcours FTM d'un parcours transgenre. Pas seulement la différence entre une transition durant la jeunesse ou après un certain âge. Pas seulement la différence entre transitionner quand on est de couleur ou quand on est blancHE. Pas seulement la différence entre transitionner quand ta famille te soutient et quand ta famille est prête à te tuer. Pas seulement la différence entre avoir les moyens de se payer une opé à l'étranger sans bosser et s'endetter/repousser/organiser une collecte pour se l'offrir. Pas seulement la différence entre transitionner quand on est bien portant, beau/belle, populaire, universitaire et parisienNE et quand on ne l'est pas.

    Au-delà de toutes ces conditions sociales, identitaires, chaque parcours même les plus proches socialement et affectivement parlant présente des moyens, des circonstances et des volontés uniques. UnE individuE unique.

3 moments-clefs reviennent inlassablement pour jalonner (voire définir) le parcours FTX ou FTM : T, chirurgie du torse, rectification de tout l'état-civil. Si ces éléments sont déterminantes dans le vécu de beaucoup, incontournables sur le plan de la lutte contre la transphobie étatique et psycho-médical en tant qu'étapes d'un parcours sous contrôle et restriction judiciaire, elles ne résument pas à elles seules l'identité transgenre ou FTM.

    Pour construire une plus grande masculinité de mon corps, personnellement je ne souhaite (pour l'instant) ni d'opérations de type torsoplastie, ni d'hormonothérapie à base de testostérone. Ces choix non-définitifs ne sont pas idéologiques mais pratiques : tout d'abord, je ne souhaite pas durcir les traits de mon visage pour adopter un passing d'homme à coup sûr. Je souhaite essentiellement accroître et mon poids et ma masse musculaire. Et, par la même occase, soyons fou, retrouver la pleine capacité de mes membres dûs à une maladie inconnue (on a d'abord pensé à un lupus) pour l'heure que je traîne.

   Pour moi, être trans ce n'est pas forcément passer pour cisgenre ni forcément le vouloir. Il s'agit pour moi de la recherche sociale, mentale et physique d'un genre, quelque soit le degré de son passing, en rupture avec celui assigné.

   Je sais que sans T, la musculation donnera moins rapidement d'effets fortifiant à mon corps. Que ma pilosité restera médiocre, ma voix féminine et que mes règles se poursuivront. Mais je sais aussi que mon angoisse de la calvitie, les injects jusqu'à la fin d'ma vie de doses en temps donné, le désintérêt d'avoir un visage plus « mec » et surtout la nécessité de l'aval d'un psy, même en parcours privé, pour tout ça constituent la base actuelle de mon refus. C'est pourquoi j'opte progressivement pour plusieurs solutions alternatives, qui ne seront peut-être pas toutes couronnées de succès :

  • pour mon développement musculaire : boxe et musculation hebdomadaire (au total 4H intensives chaque semaine à l'heure actuelle) + un complément alimentaire sous forme de boisson bio riche en protéines). Voire un peu de basket.

  • Danatrol, un médicament sur ordonnance permettant de mettre fin aux règles. J'espère qu'il ne sera non seulement pas trop désagréable au niveau des effets secondaires mais aussi compatible avec les médicaments anti-inflammatoires de ma maladie. A plus long terme, j'envisage une hystérectomie avec annexectomie bilatérale pour stopper définitivement mes règles.

  • Pour l'accroissement de ma pilosité : pour l'instant, je prends (pas de façon très suivi, d'où le peu de résultats apparents) des pilules bio capillaires favorisant le poil. Je pense enchaîner sur du Minoxidil ensuite, pour des effets plus directs.

  • Méthode « doom your voice ». J'avais pratiqué tout l'été dernier mais comme j'ai un réel problème dans le suivi d'un peu tout, y compris de mes médocs et devoirs scolaires, mes échecs et bâclages sont fréquents. Je recommence, plus sérieusement, depuis peu comme pour les pilules bio de pilosité.

  • Vis-à-vis de ma petite mais apparente poitrine, j'utilise chaque jour depuis le premier mois de cette année une bande thoracique à griffes auto-attachantes [voir article « Moi en Boris Karloff de The Mummy »]. Je m'y suis habitué, elle ne me violente pas, est plutôt efficace et sans difficulté maintenant à rester en place ou à attacher. Elle réduit mon souffle moi qui ait déjà un léger souffle au coeur.

    Ces méthodes diverses de masculinisation personnalisée de mon organisme m'obligent à agir sur tous les fronts, là où la testo aurait radicalement modifié mon apparence. Les résultats sont ainsi globalement plus aléatoires, plus lents. A ce titre là, beaucoup jugent impropres de telles décisions ou, plus indirectement, me font part de leur « passage à la vitesse supérieure » grâce à la T, au binder ou à l'opé. Bien sûr, je n'en épargne pas l'idée : j'y pense même depuis l'âge de 14 ans, depuis les premières fois que j'ai consulté les rares pages internet en français d'alors sur la « transsexualité ». De la part de potes trans masculins, par ailleurs respectueux de mon identité plus transgenre que trans mec, c'est assez dur à encaisser, parce que volontaire ou pas de leur part, j'me sens déqualifié pour être apte à juger ce qui est bon pour moi. D'autre part, cela crée l'idée que seule la T masculinise, accroît la force et que la nécessaire suite à donner à un binder ou à un compresseur s'appele opé. Je sais que notre savoir communautaire est limité concernant par exemple les alternatives à la T ; raison d'plus pour ne pas accueillir d'autres pratiques, loin d'ailleurs d'être inédites, par le dédain. Ce qui est ta vérité n'est pas nécessaire ou ne sera pas nécessairement la mienne. Et chaque besoin différe d'une personne à l'autre, les façons de les satisfaire aussi. J'utilise des moyens propres à mes besoins spécifiques.

    C'est la même chose concernant mon état civil. Je ne souhaite pas être « reconnu comme étant un homme » mais d'abord – et ce n'est pas une moindre tâche, ni un délire naïf – être respecté tel que je suis, tel que je veux être. Je n'ai aucune envie (mais ça peut changer dans plusieurs années, pourquoi pas) de passer d'un F à M, parce que je n'y vois pas d'utilité personnelle et ce n'est pas par là que j'espère obtenir la reconnaissance de mon individualité. C'est pour la même raison que je ne souhaite pas de T parce que les traits androgynes de mon visage me satisfont et que le passing de mec cisgenre n'est pas un but pour moi. Pourquoi irais-je plus loin si ce n'est pas ce dont je souhaite profondément ? La crédibilité du masculin ? Ca n'a pas de sens dans mon vécu.

    Seul le changement de prénom me mobilise pour le moment. J'avais beaucoup réfléchi aussi à l'éradication de mon patronyme, symbole patriarcal d'un père violent, vestige sans doute de l'appropriation des corps de mes ancestres paternels antillais par le colon, marque enfin d'une famille dont je ne partage que la peine. Pas l'amour. C'est le dernier souvenir vivant que j'ai de mon père, quel qu'ait été ses actes. Je le garderai. Mais j'm'éloigne. C'est de mon prénom qu'il s'agit mais le nom auquel il sera accolé y sera toujours, car il n'y a pas de mort ni « d'ancien moi », Doyle est toujours lié à son père. On m'appele Douille et paraît qu'ça fait pas bien sur la copie. Doyle, que j'affectionne tout autant, sera ma prochaine tentative auprès des autorités. On verra si elles aiment les double patronymes, les gaélicismes, la masculinité d'un nom pour une carte estampillée d'un F.

 

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7 janvier 2011 5 07 /01 /janvier /2011 17:04

Il est 15h58 ce vendredi 7 janvier 2011 et je viens enfin de recevoir un paquet que j'attends depuis une semaine. Ou peut-être devrais-je dire depuis plus d'un an...

 

J'aime être top-less dans des espaces que je considère comme safe, c'est-à-dire, respectueux et à l'écoute, que ce soit en soirée ou lors de séances de sport communautaire. Toutefois, même si je ne souhaite pas (pour l'instant) de chirurgie du torse, je préfère que ma poitrine soit masquée dans la plupart des circonstances de ma vie, bref, à chaque fois que c'est hétéroland, c'est-à-dire, quasiment partout. Surtout qu'j'aime beaucoup être en tee-shirt et que l'été, c'est difficile d'y résister.

 

Un d'mes plus gros soucis vient en fait d'un avantage que j'ai sur certaines personnes qui souhaitent elles aussi masquer leur poitrine : j'ai des petits seins et avec la plupart des fringues larges, j'fais facilement plat d'loin. L'inconvénient du coup, c'est que des compresseurs tels que les binders sont trop larges et gênants pour moi. Avec un binder, je suis en nage immédiatement et j'me sens plus du tout bien dans mes fringues, c'qui est ma première volonté pour me sentir plus à mon aise quand j'suis à hétéroland. Et comme dit Wittig, "Vivre en société, c'est vivre en hétérosexualité". J'ai pas envie d'sentir un autre vêtement si j'suis juste en tee-shirt.

 

Il est 16h09. Ca s'appelle une "bande-ceinture thoracique et abdominale" (voir photo 1) et j'espère que ce sera mieux que les bandes de contention cohésive (photo 2) qui, si elles sont plutôt efficaces, demandent un certain coup d'main (pour s'enrouler toutE seulE et couper ensuite l'tissu à bonne hauteur) et un certain compte en banque (15euros la bande et tu la finiras dans la semaine). Mieux aussi que les bandes blanches à liseré bleu réutilisables (chopées dans la rue, lors d'un vide-grenier de trottoir improvisé - voir photo 3), très courte question hauteur et non-attachables autrement qu'avec une épingle à nourrice.

 

Sur le site médical où j'me suis procuré ce produit, il y avait 2 tailles : 18 cm de hauteur (celle que j'ai prise) et 25cm. Ca tient dans une petite boîte et la photo du keum qui la porte dessus au niveau d'sa poitrine laisse présager de bonnes choses !!

 

16h15 : premier essai et premières impressions. Il va me falloir là encore le coup d'main mais l'attache est largement facilitée par les crochets auto-aggripants à la matière. J'ai peur que ça tombe mais ça a l'air de bien tenir. C'est peut-être comme pour les bandes pour les mains à mettre avant les gants d'boxe : si ça tient, c'est qu'c'est bien mis ! Et alors, c'est plus efficace ! Truc qui m'embête, pour ce produit, comme pour ceux qu'j'ai testés auparavant, c'est la longueur du tissu. Ici, c'est une bande réutilisable/lavable et seule la hauteur pouvait être choisie. C'est dommage car les bandes réutilisables, coûtant généralement plus chères (celles-ci m'ont coûté 20e + 8e de livraison), exigent à mon avis plus de personnalisation. J'ai pas trop envie d'le découper dans tous les sens dès maintenant... J'ai peur que le multi-bandage de la poitrine aboutisse au final à l'accroissement d'la poitrine !

 

16h28 : premier essai avec un tee-shirt près du corps, avec lequel on voit souvent mes tétons. Et bah, c'est pas mal du tout ! Si on regarde de près (comme je l'ai fait, forcément!), on peut s'douter qu'il y'a un compresseur mais j'pense pas qu'l'idée vienne à tout l'monde. Ca a une bonne gueule. J'avoue me sentir légèrement serré mais ça m'rassure d'un autre côté : ça n'tombera pas ! Et puis les crochets aggripants permettront dans tous les cas de le repositionner à volonté au cours d'la journée/soirée ! J'espère qu'il me conviendra ainsi à l'avenir !

 

Je serai ravi de donner plus de précisions sur le produit, son utilisation à celles et ceux qu'ça intéresse. Envoyez-moi un mail ! A+ !

 

ps : The Mummy avec Boris Karloff (1932) est un film magnifique, très mélancolique, très touchant. Ca vous donnera en plus l'impulsion salutaire de tuer les colonisateurs.


 
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22 décembre 2010 3 22 /12 /décembre /2010 12:14

Tout ce que j’aime, tout ce qui me passionne¹, tout ce que je souhaite me pousse en religion.

Non pas à l’adoption d’un dogme, ni même d’une foi ou de préceptes religieux définis, du moins pour l'instant, mais à une philosophie théologique de mon existence.

Cela peut se passer de littérature religieuse savante, d’ascétisme alimentaire et sexuelle². Mais ça ne pourra faire l’économie d’une reconstruction progressive de mon mode habituel d’action, pensée, attentes.

 

Je ne suis plus qu’un rouage depuis plusieurs années. Certes, un rouage conscient de ses contradictions, prêt à se rebeller mais sans possibilité réelle de rébellion tant qu’il reste pris dans l’horloge des autres.

La question qui se pose tout d’abord à moi est celle-ci : est-ce qu’une telle « reconstruction » ou bien « entrée en religion » ou « rébellion » est-elle évidente, au sens, voulue effectivement par moi depuis longtemps ? Autre question : Si non, est-ce si important de la justifier par mon passé ?

 

Les signes de mon attachement à la culture religieuse et à ses effets individuels se retrouvent loin dans mon adolescence, à l’époque même où je contestais au plus fort tous les dogmes et leurs nuisances historiques et mentales.

Mes questionnements et actions politiques ont depuis permis de renouveller ma vision de la foi et des cultes sous l’angle de l’intime, du minoritaire, du culturel et du philosophique³.

 

Voilà pourquoi je ne rejette plus ces termes que sont croyances, culte, spiritualité… Mais pour autant je souhaite pas convoquer de religion dans mon existence. Disons plutôt que je souhaite activer, dans mon existence, une théologie qui me serait propre et qui ne serait non pas une activité régulière (comme une messe hebdomadaire ou une prière du matin) mais constante dans mon mode d’action, pensée, attentes.

 

« Il y a des gens qui se disent croyants et qui n’ont rien de croyants. Et il y’a des gens comme vous, qui n’ont pas de dieux mais qui par leurs actes sont des croyants. »

André, un très gentil monsieur qui tenait à peine sur ses jambes quand je l’ai rencontré près de l’hôpital Bichat.

 

¹ : De Ken de Mishima à Séraphitâ de Balzac pour la littérature, de Thérèse d'Alain Cavalier à Danny Balint au cinéma, de Médine à Mahalia Jackson jusqu’à 16 Horsepower en musique, tous les œuvres artistiques qui m’ont touché et me touchent en ce moment questionnent (et ont questionné chez moi) ce rapport à la foi, à Dieu et à une spiritualité personnelle. Je recommande quelques vidéos sur l'éxègése et l'histoire de religions : sur le Talmud (link ), sur les origines de l'islam (link) et sur celles du christianisme (link).

 

² : Le désir sexuel, la gourmandise ne me semblent pas être des obstacles. Je pense que le temps est définitivement la première, sinon l’unique chose sur laquelle agir. Il joue contre nous en politique, dans nos intéractions sociales et dans notre santé mentale et physique. Le détourner en notre faveur, que ce soit par la paresse, l’oisiveté, le plaisir, l’introspection, est un premier pas pour dégager du temps (justement !) afin de mieux comprendre comment en tirer parti sur la durée. Comment d’un état de vacance, c’est-à-dire de trève,  passer à un état de plénitude personnelle, avec ses propres objectifs personnels, qui n’ont pas forcément à voir avec le bonheur tel qu’il est traditionnellement énoncé?

 

³ : la lutte contre l’islamophobie en France, l’amour de la culture vaudou haïtienne, des arts religieux chrétiens et antiques, mon intérêt pour l'exégèse talmudique et celles de tous les monothéisme, les lectures de la Genèse, des Psaumes, des premières sourates, de textes soufis, des hadiths notamment. 

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