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15 mars 2015 7 15 /03 /mars /2015 11:04

Quand une gréviste de la mutinerie subit des représailles


Paris, ce dimanche
8 mars 2015 autour de 00h30 au bar « Chez Marie ». Alors que se déroule la soirée organisée par le collectif féministe « 8 Mars Pour Toutes », à l’occasion de la Journée de la lutte pour les droits des femmes, à la veille de la manifestation qu'il co-organisait également, une gréviste a été agressée violemment.

L’agresseur en question s’avère être un ancien collègue, trans et rebeu, « anti-grève » du bar « la mutinerie ». Il y a en effet été animateur d’atelier de combat et, pendant la grève, a été promu videur et serveur quand les grévistes ont, iels, été licenciéEs. Durant la grève - organisée par un groupe de serveurSEs, musulmanEs queers of color qui dénonçait les conditions d’exploitation capitalistes, racistes et sexistes en usage dans ce bar et ayant conduit à une procédure juridique aux Prud’hommes (toujours en cours) - il a fait partie de ceux et celles qui se sont adonnéEs à des comportements de harcèlement à l’encontre des grévistes (voir textes blog de soutien aux grévistes). L’une d’ielles, identifiée à mauvais titre comme leadeuse du mouvement, a été particulièrement et régulièrement insultée, diffamée, menacée, molestée. C’est elle qui s’est faite agresser dans la nuit de samedi à dimanche. Durant cette soirée, la violence a gravi un sérieux échelon, et s’est donc exercée contre celle qui était déjà particulièrement exposée durant toute cette lutte. Guettant un moment où elle était seule dehors pour fumer, il a surgit du bar avec une arme blanche cachée derrière son dos (un verre à pied qu’il tenait comme un poing américain) et, inventant un regard déplacé, s’en est servi de toute ses forces pour frapper son visage. Alors qu'elle ignorait pour la énième fois ses propos virulents sans fondements, il a attaqué par surprise dans l'intention de la défigurer. Elle a été transportée par les pompiers aux urgences et a déposé plainte.

Arrêté peu après l'agression, nous sommes bien conscient.e.s qu'il n'est que le bras armé racisé de figures mondaines blanches, bourges et racistes qui ont pris pour cible les grévistes depuis plus d'un an et demi, et qui notamment aux UEEH 2014*, ont souhaité dans un texte lu publiquement que "crève" la gréviste agressée (absente pourtant de l’évènement). Voici aujourd'hui les résultats de la division et de la violence orchestrées par les bourges blancs : côté gréviste, une meuf cis rebeue est violemment agressée, côté non gréviste un mec trans rebeu doit répondre de ses actes devant la justice, alors que les plus grandEs responsables de cette situation, ceux qui ont alimenté pour leurs profits, au sens propre comme au figuré, les divisions de race, classe et genre, peuvent dormir tranquilles. Cette haine démesurée et cette violence en dehors de toute lutte politique étaient déjà à l’origine de la grève. Si les grévistes étaient restéEs travailler là-bas, bien pire serait arrivé et bien plus tôt. Encore une fois, ça n'a rien de nouveau, la violence produite par la classe dominante circule entre les membres de la classe dominée, avec ici une agression violente contre une gréviste ! En plus de l’agression, une plainte déposée depuis par l’agresseur à l’encontre de cette gréviste et, parmi d’autres, contre les deux amis, trans of colors et musulmans, qui l’accompagnaient ce soir-là !

Nous tenons également à exprimer notre colère face à la réaction, ou au silence complice, de certaines personnes organisatrices de cette soirée (patronne/staff du bar, militantes féministes du collectif « 8 mars pour toutes »...) : certaines (en guise de « solidarité féministe » peut-être?) n'ont rien trouvé de mieux que de planquer l’agresseur dans la réserve et de nous empêcher l'accès au bar. Pire, lors d’une soirée féministe contre les violences, c’est l’épicier d’à côté qui a pris soin de notre camarade blessée. Honte à vous, à votre silence et vos mensonges. De quel féminisme parlons-nous quand, laissée dans son sang par des « militantes » qui protègent son agresseur, la seule alternative laissée à la victime pour espérer une quelconque justice, c'est de faire appel à la police qui, elle, a eu accès au bar ?


De plus, nous avons eu vent de la version qui a circulé pendant la manif, quelques heures à peine plus tard, concernant les faits survenus lors de cette soirée : la personne agressée aurait d'abord donné une claque avant de recevoir le châtiment mérité pour toute meuf qui ne plie pas : une balafre sur son visage. Ce scénario va, par ailleurs, à l’encontre de ce que quelques dizaines de témoins, proches ou inconnus des protagonistes ont vu : une agression gratuite de la part de la personne arrêtée qui porte son coup par surprise.


Il serait temps pour tout-e-s de comprendre que le féminisme n'est pas qu'un label pour vendre de la bière ou de « l'art alternatif" mais bien un engagement (social et politique) concret contre les violences, y compris dans le milieu féministe, y compris autour de soi. En tant que meufs et queers of color, cette communauté n’est définitivement pas la nôtre. Et s’il faut faire appel au système pour nous en défendre, malgré sa violence structurelle à notre égards, nous n’en auront pas honte. Parce que la vraie honte devrait venir du fait qu’il nous apparaît parfois moins violent pour nous que cette communauté LGBT blanche mondaine. Face à cette violence déchaînée, il nous faut construire nos propres alternatives, nos combats de façon autonome et concrète, faute d’une alternative communautaire qui refuse encore de se voir en oppresseur et qui, à l’image de la société française, nous envisage systématiquement comme des suspects et auprès de laquelle il faudrait se justifier.

Des témoins féministes de l’agression


*Universités d’Eté Euro-méditerranéennes Homosexuelles à Marseille (France)

https://soutienauxgrevistesinsoumiz.wordpress.com/2014/05/02/comprendre-la-greve-qui-a-lieu-a-la-mutinerie/

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Published by Vincent Fortune - dans Race Genre Grève à la Mutinerie
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6 août 2014 3 06 /08 /août /2014 20:57
Stop à l'instrumentalisation de la transphobie pour servir des intérêts de classe

Ce texte a été distribué et affiché aux UEEH 2014.

Il est disponible également sur le blog de soutien aux grévistes de la Mutinerie où vous trouverez aussi les récentes publications suivantes :

- Tract des grévistes aux UEEH 2014, faisant le point sur la mobilisation et annonçant la saisie des Prud'hommes : http://soutienauxgrevistesinsoumiz.wordpress.com/la-greve-a-la-mutinerie/mutinerie-a-la-mutinerie-la-greve-continue-diffuse-aux-ueeh-2014/ (également disponible en anglais)

- Mécanismes de manipulation du patron décrits par J., serveuse démissionnaire en soutien à la grève : http://soutienauxgrevistesinsoumiz.wordpress.com/aux-alentours-de-la-greve/texte-de-ja-serveuse-demissionnaire-en-soutien-a-la-greve/

Les trans racisés disent NON à l’instrumentalisation de la question trans par les soutiens de la mutinerie :

Nous sommes trans et non blancs/racisés. Nous vivons dans notre chair le fait que ces deux aspects de nous-mêmes nous précarisent. Nous sommes à la fois grévistes et soutiens de la grève à la mutinerie. Nous en avons plus que marre que le patron de ce bar et tous ceux qui le soutiennent utilisent la question trans pour faire diversion sur les questions d’exploitation capitaliste, raciste et sexiste dénoncées par les grévistes.


Les rappels sur la transidentité du patron sont malhonnêtes car on dirait que lui seul était trans et concerné par des oppressions de genre et sexualité. Or le patron de la mutinerie n’est pas un trans perdu tout seul au milieu de personnes cis (c’est à dire non trans). Il est un trans dans un milieu queer : il y avait d’autres trans, précaires et aussi non blancs. A la mutinerie, peu importe ses opinions politiques ou identités, il est un patron. Un patron qui a comme employé-e-s des meufs, trans ou cis, des mecs trans et des gouines. Ce n’est donc pas sa transidentité qui est déterminante, mais le fait qu’il est le patron de ces personnes.


Un patron, qu’il/elle soit homo, bi, lesbienne, trans, ou tout ce qu’on voudra, est un ennemi de classe face à ses employé-e-s. Le capitalisme a de beaux jours devant lui s’il suffit que le patron ne soit pas l’homme hétérosexuel cis pour qu’on arrête de le combattre avec la même détermination.


Combien de trans ont accès à la possession d’une entreprise ? Sûrement très peu. Ce ne sont que des privilèges de classe qui peuvent le permettre dans un monde aussi transphobe, et cela a des implications concrètes. En possédant un bar, le patron de la mutinerie n’est pas concerné par les discriminations à l’emploi puisque c’est lui qui embauche . Pareil, pour trouver un logement, il est favorisé contrairement aux autres trans qui n’ont pas les filets de sécurité dont il dispose pour constituer un dossier. Tant mieux pour lui, mais qu’il n’essaie donc pas de se transformer en une victime d’un complot transphobe quand ses employé-e-s noirs et arabes, queers et trans, précaires, se rebellent contre lui. On accuse les grévistes « d’utiliser le politique » mais que font le patron et celles/ceux qui le soutiennent avec la question trans ?


Quand des trans sont précaires, exposé-e-s à de grandes difficultés matérielles, sans emploi et logement, nous refusons catégoriquement qu’un sujet aussi sérieux que la transphobie serve à défendre un patron bourge. Alors oui nous sommes trans, mais redisons ici que le patron de la mutinerie est un ennemi de classe. Dans ce contexte, la transidentitié ne suffit pas à nous rendre frères et soeurs, et vu le racisme et le classisme qu’a révélé cette grève, nous ne le serons jamais.


Enfin, si tous ceux qui soutiennent le patron parce qu’il est trans s’intéressaient vraiment à la condition des trans :


Pourquoi ont-ils été plus pris de compassion pour la situation du trans patron et pas du tout pour celle du trans gréviste ?


Pourquoi n’ont-ils pas non plus hésité à salir de manière raciste les trans non blancs en soutien à la grève, en les accusant par exemple de vouloir « casser le bar », choses qu’ils n’ont jamais dites ?


Et puis comment ont-ils pu penser qu’ils défendaient réellement la cause trans en utilisant autant de procédés anti féministes, en persistant à dire, malgré le nombre croissant de personnes impliquées dans la grève et en soutien, que ce n’est qu’une histoire « de meuf frustrée d’avoir été larguée » même quand ceci est totalement faux ?

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27 mars 2014 4 27 /03 /mars /2014 20:20

> RECAPITULATIF DE LA GREVE A LA MUTINERIE DEPUIS LA REUNION DU 15 DECEMBRE 2013 :


En tant que témoin de cette réunion, j'ai à ma disposition l'ensemble du CR tapé main par les deux autres témoins et moi, ainsi que les e-mails échangés entre les grévistes et Ju, le patron (1, voir note en bas de page), depuis cette date.

Autant l'dire tout de suite. Les derniers textes "communiqué de l'équipe de la mutinerie" et la "lettre ouverte", en plus de l'attitude de Ju depuis cette date, sont consternants :


- la somme dite exorbitante pour les indemnités a été fixée par Ju et une autre témoin que moi. En aucun cas par les grévistes !


- la dead-line du 16 janvier, qui devait être l’occasion de faire le point sur l’acquittement des promesses faites par Ju en réunion, et celle du 16 février, où l’ensemble des sommes dûes devaient être acquittées et permettant de mettre fin à la grève, ont été établies en accord avec Ju !


- la veille seulement de la date de la 1ère dead-line (soit le 15 janvier), il annonce ceci :


"Après réflexion, il est devenu clair qu'il m'est impossible à titre personnel de vous verser ce 16/1 la somme de 10502.01€. La Mutinerie n'étant pas en mesure de faire face à ses obligations immédiates (loyers, fournisseurs, impôts), elle n'est pas plus en mesure de dégager un tel montant. De toute façon même si le bar avait cet argent il serait impossible de sortir une telle somme non déclarée, l'argent que je vous ai versé a déjà attiré l'attention du comptable, je n'avais aucun moyen de le justifier. Donc soit vous me proposez un autre échéancier plus en rapport avec la réalité financière du bar soit, je le répète, je vous déclare rétroactivement de manière à faire les choses en toute légalité."


- il renie donc avoir été à l'origine de l'échéancier, de la somme et ne s'intéresse visiblement pas à la galère financière dans laquelle il enfonce les grévistes, qui s'attendaient à toucher leur dû maximum avant le 16 février pour pouvoir se tourner vers l'avenir ou simplement payer leur loyer ! Un mois pour assurer que tu tenais tes promesses, un mois pour les grévistes à avoir attendu pour du vide. Pourquoi ne rien proposer de convenable et de décent à la place ? Sans aucune forme d'excuses dans l'ensemble du mail, évidemment. Visiblement, tu n'vis pas sur une planète où on a besoin d'argent pour vivre et de reconnaissance d'injustices pour se reconstruire.


- des autres engagements qu'il avait pris en réunion où il avait réitéré sa bonne foi et dit que, cette fois-là, ce ne serait pas des paroles en l'air, il a également "oublié" de : faire parvenir la programmation en cours à la Mutinerie auprès des grévistes, organiser une réunion de médiation entre les grévistes et le salarié dénoncé comme raciste. Il n'a jamais non plus réécrit sa lettre d'excuse officielle, rejetée par les grévistes comme totalement insuffisante, qui devait avoir vocation publique et officielle.


- face à la violence du retournement de veste de Ju du 15 janvier, la date du 24 janvier est acceptée par Ju et les grévistes pour réaffirmer une limite à la satisfaction des doléances. Dans leur texte envoyé à Ju le 22 janvier, les grévistes demandent : "Pour répondre à ton dernier mail sur l’heure, le lieu etc… Nous laissons à ta charge l’organisation de la prochaine réunion : trouver un lieu neutre, vérifier la disponibilité des participants, préparer un ODJ [ordre du jour] commun" sachant qu'iels avaient porté la charge de la tenue de la réunion du 15 décembre.


- Stupeur (sans étonnement cela dit) : Pas de réponses. Jusqu’à ce que Ju demande piteusement le 23 janvier : "Euh.. du coup c'est annulé demain c'est ça ?". Voilà le genre de claques que se prennent les grévistes depuis octobre, des remises en cause des engagements de base et l'incapacité même de se voir lu et entendu...


- Il se permet toutefois le 1er février de déclarer, après une semaine de silence radio dû à lui : "J'ai pas compris pourquoi la réu du vendredi 24 était annulée.." bah, c'était à toi de l'organiser, de nous (aux grévistes et aux témoins) donner une date, un lieu peut-être ???! Et plus loin, "Je vous ai répondu très précisément sur la coopérative par exemple et vous annulez à la dernière minute et sans raison la réunion du 24.. J'aime bien comme vous dépensez plein d'energie à écrire des longs mails qui parlent de comment je suis lâche comment je mythone etc.. en éludant les choses concrètes".


Oui concrètement, les grévistes et les témoins attendent toujours que tu lises leur mail concrètement et que tu leur donnes concrètement une date, des horaires et un ODJ d'une réunion. Alors, avant d'insulter les grévistes en leur disant qu'elles annulent au dernier moment les réunions, cherche dans le miroir le responsable de cette galère lamentaaaaaaable.


Les grévistes ont une vie, des problèmes personnels, accentués financièrement et socialement depuis le début de la grève, et iels en ont marre de ton irresponsabilité qui a mené à de telles discriminations et violences sociales dans un bar queer TPG féministe. Répondre à chacun de tes textes facebookiens ou de tes mails à côté de la plaque, ça devient du temps perdu malheureusement. Pourquoi prendre même la peine de répondre quand iels se voient encore saliEs alors que tu n'es pas capable de lire un
mail jusqu'au bout et de t'en acquitter ??


La réunion du 15 décembre t'avait demandé d'agir, d'arrêter les promesses en l'air, d’arrêter d’entrer à des fins personnelles en contact avec les grévistes... Encore un mensonge cinglant ?


> INSTRUMENTALISATION DES VIOLENCES SEXUELLES :


Pour celles et ceux qui l'ignorent, Ju a fait partie des personnes qui ont dénoncé l'instrumentalisation
des violences sexuelles par "Petunia" commise à des fins personnelles transphobes, dénoncée par la brochure « Paranormal Tabou ».


Dans son dernier texte "lettre ouverte" le patron de la Mutinerie Ju dénonce la minimisation des violences sexuelles par les grévistes parce que "s' [il] avait effectivement accusé cette personne de viol, personne ne m'a demandé ce que [il] aurait pu avoir vécu."


Il dit que l'accusation d'agresseuse sexuelle par l'une des grévistes est mensongère et n'a jamais été colportée par lui. Plus loin : "Si j'avais porté cette accusation qu'est ce qui vous fait penser que c'est forcément faux ?"


Tu le nies maintenant, soit. Mais tu persistes et signe à la traiter d'agresseuse dans un second cas. Tu sais, celui qui m'concerne, bouffon.


Récit d'un mensonge mal caché :


- fin octobre 2013 : il soutient qu’en plus de lui-même, cette même gréviste aurait abusé et harcelé sexuellement un "trans racisé" de Paris proche de la Mutinerie (dans un mail envoyé à une autre gréviste). Assez vague pour laisser le suspense, mais y'a trop peu de "trans racisé" dans cette
communauté pour que je ne finisse pas par être cité.


Autant l'dire clairement : cette gréviste ne m'a jamais agressé, ni harcelé sexuellement. D'ailleurs, il ne s'est même jamais rien passé entre nous ! C'est ouf nan, la vérité parfois? Alors, le suspense perdure, qui donc peut-être ce fameux "trans racisé" abusé et harcelé sexuellement par une gréviste ? Le nom n'est pas donné aux grévistes, sachant que je les soutiens depuis octobre, j'aurais pu rapidement nier en bloc et l'exposer.


- seulement parallèlement, début octobre 2013 : son ex qui est encore salariée au bar, se voit révéler de la bouche même de Ju que c'est bien moi qui ait été abusé par une gréviste! Plus pratique certainement de colporter cette merde à celles et ceux qui n'avaient pas encore quitté l'bar pour que j'leur dise moi-même que ça s'appelle un affreux mytho. Sachant qu’il sait que son ex est aussi survivante de violence sexuelle (2), il a carrément joué avec ce mensonge sur ses sensibilités autour des violences sexuelles pour la monter contre une des grévistes.


Tu sais c'qu'il te dit le trans métis? il t'emmerde.


C'est terrifiant d'voir qu'un mec, qui se prétendait ton super pote, et qui savait mes angoisses liées aux violences sexuelles à cause de mes propres traumatismes, colporte ce genre de foutaises pour sauver son royaume et son ego... tu pues à dix kilomètres.


Cette accusation de viol commis par une des grévistes ne s'est donc pas close sur la négation glorieuse de la rumeur du viol dans ta "lettre ouverte" après 6 mois de trashage des grévistes. Non, puisqu’en même temps, tu colportais cette accusation ridicule, humiliante pour elle et moi d' "agression et de harcèlement sexuel". Il aura fallu 6 mois aussi pour débrouiller ce second mensonge et rétablir une
communication entre grévistes, ex de Ju, ex-travailleuses à la Mut’ et bénévoles solidaires de la grève pour avoir le fin mot de cette sombre nouvelle histoire d'instrumentalisation des violences sexuelles.


Maintenant :


NE DONNE SURTOUT PAS DE LECON DE MORALE sur les violences sexuelles à ceux et celles qui pâtissent de celles-ci et de leur instrumentalisation par TOI SEUL.


COMMENT LAISSER PASSER que des accusations de viol, d'agressions et d'harcèlements sexuels aient été utilisées comme diabolisation absolue d'une personne ? Sans compter les accusations bourgeoises et racistes de vol, de travail et de violence d'Arabe (3) et de paresse des NoirEs, dignes des pires clichés coloniaux français…

Les accusations de violences sexuelles sont trop graves et destructrices pour être balancées sans raison contre quelqu'unE. ARRETE DE VIDER DE SON SENS l’accusation de « violence sexuelle » en la balaçant à tort et à travers !


COMMENT LAISSER PASSER que Ju, qui dénonçait il y a plus d'un an l'impact destructeur sur la vie d'une personne du stigmate de "violeur" ou d' "agresseur sexuel" par quelqu'une qui instrumentalisait la question des violences sexuelles, se prenne au même jeu pour salir une grève et donc la délégitimer? Ce n'est pas la question légitime, politique et publique des violences sexuelles qui a dépolitisé la compréhension de cette grève, seulement son usage calomnieux à des fins personnelles pour jeter le discrédit général sur les grévistes.


COMMENT LAISSER PASSER que Ju manipule le récit de gens qui ont, pour des raisons de vécu personnel traumatique, des fragilités à l'évocation de crimes sexuels, dans le seul but de redorer son image de gentil patron assiégé de toutes parts par des gens crapuleux ?


KHALASS !

> PAS BESOIN DE MEA CUMPA SI TU N'AGIS PAS :


Dans le dernier « Communiqué de l’équipe de la Mutinerie » publié sur facebook, les salariéEs actuelLEs (4) de la Mutinerie et rédacteurRICEs, reconnaissent la pertinence des grévistes en ce qu’iels ont signalé à juste titre des « dysfonctionnements » structurels.


A quoi peut bien servir de reconnaître l’existence et la permanence d’une structure raciste, sexiste et classiste si en même temps vous vous permettez de :


- Retenir les indemnités encore dues aux grévistes au nom de la solvabilité du patron


- Faire la morale du « vous ne montrez pas de bonne volonté » alors que le patron abuse de ses pouvoirs, ne tient pas ses engagements et est incapable de lire un mail des grévistes


Non, couper les vivres et vomir une morale bourgeoise du mérite n’a rien d’anticapitaliste, tout comme défendre l’intérêt financier du patron. Non, ça ne démontre absolument pas une dynamique de défaire la structure classiste du bar.


Si par anticlassisme, vous entendez «il ne faut pas stigmatiser les pauvres et les prolos", ce n’est qu’une stature morale. Rompre avec la domination capitaliste du bar signifie concrètement se défaire du pouvoir financier entre les mains d’un seul. Et vous continuez de maintenir les grévistes en situation de quémander, en ajoutant l’humiliation supplémentaire d’exiger d’iels de montrer « un peu d’bonne volonté ». Vous n’avez visiblement pas compris le sens de « comment devient-on aggressif-ve »…


L’idée d’une coopérative au final ne profiterait à celles et ceux qui profitent encore des faveurs du patron après l’exclusion des indésirables… Waah, ça c’est d’la remise en question !


A l'image de la société bourgeoise, la Mutinerie dresse au mérite les employéEs rebelles pour de l'argent, même s'il leur est dû depuis maintenant 6 mois !


Oui, même dans le milieu queer TPG féministe, les grèves peuvent être très longues et donc extrêmement pénibles pour les grévistes.


> PARIS A CHOISI : la Défense du lieu plutôt que des grévistes et des oppriméEs. La Défense plutôt que la Justice.


Le culte du "droit à la neutralité" face à la violence sociale, quand pourtant ce droit à la neutralité est automatiquement et légitimement soupçonné de complicité tacite dans les cas de violence sexuelle, n'a jamais été tant clamé par cette pseudo-communauté (et véritable oligarchie blanche-bourge) que depuis le début de la grève à la Mutinerie.


Pourquoi ? parce que les réseaux d'affinités des mondainEs peuvent se maintenir et continuer à faire la fête, face à la moindre importance de la question de la race et de la classe ainsi que de ceux et celles qui l'a vivent au quotidien dans leur chair et dans leur porte-monnaie.


CertainEs n'ont vu dans l'apparition d'une grève à la Mutinerie, non pas la mise en lumière de dysfonctionnements éthiques et politiques graves et d'instrumentalisations de nos luttes, mais le risque de voir leur lieu d'atterrissage pour un Mojito remis en cause. L'intérêt. L'intérêt.


Si c'était réellement par crainte de voir un énième lieu TPG queer féministe disparaître, l'évidence voudrait que l'auto-destruction programmée de la Mutinerie par ces pratiques dégueulasses internes (et non par l'existence d'une grève) ait amené la plupart à prendre parti contre l'impunité du patron et contre la poursuite de consommation au bar et de soirée hip-hop blanche... mais non.


En somme, les queers of color victimes du système raciste et bourgeois d'la Mutinerie n'était bien QUE minoritaires (pas seulement en nombre mais en terme de rapport de force) et donc négligeables. La majorité blanche et bourge peut continuer à clamer un droit à la consommation au bar puisque QUAND MEME ce lieu est vachement politique et safe contrairement aux autres pour nous.


Devinez qui se cache derrière le nous : pas d'renois, pas d'rebeus, pas des ex du patron, encore moins celles qui ont refusé de se soumettre, ni des genTEs qui n'ont plus de quoi payer leur loyer.


Lors des premiers mois de l'ouverture de la Mutinerie, des réunions de bénévoles de la Mut avaient été lancées pour faire vivre l'espace permis par ces nouveaux locaux TPG féministe queer. Un des premiers dilemmes qui l'a fallu aborder était la question de la gestion des violences : faut-il mettre en place une défense milicienne du lieu ou plutôt créer des séances d'auto-défense à titre d'émancipation individuelle ? il avait été refusé net de pratiquer la Défense du lieu, même de la Mutinerie parce que beaucoup d'entre nous ne savaient toujours pas répliquer aux agressions trans-bi-lesbo-homophobes et sexistes de leur quotidien.


Il faut constater que beaucoup étaient quand même prêtEs à débarquer pour lutter contre Quintonic pris pour des Catholiques de la Manip pour Tous, au pied levé. L'ennemi sera toujours facho et extérieur. Quand il s'agit de se mobiliser contre l'oppression interne au lieu, les TPG queer féministes solidaires se comptèrent bizarrement sur les doigts d'une main.


Aujourd'hui, les récents torchons du patron et des employéEs réaffirment tranquillement, dans le silence général (5), que la Défense (ici financière) du lieu passera avant les exigences saugrenues des grévistes de se voir payéEs et être reconnuEs victimes de diffamations et de racisme structurel.


> COMMENT AGIR POUR REELLEMENT CHANGER LA DONNE :


- DENONCER LE SEXISME du patron envers ses ex et employéEs qu'il a maintenue dans un rapport de
concurrence. DENONCER LA DOMINATION PATRONALE lorsqu’il renvoie et salit celles qui osent décliner, non c’est NON. DENONCER L’INSTRUMENTALISATION DES VIOLENCES SEXUELLES à des fins personnelles mais aussi à des fins de hiérarchisation des luttes (visiblement, la lutte contre le racisme et le capitalisme, aux chiottes!) et de dépolitisation de la grève (alors même que les violences sexuelles ne doivent pas être déconnectées d'une lutte politique publique!).


- ARRETER D’EXIGER DES GREVISTES QU’IELS SE CALQUENT SUR VOS CHOIX D’ACTIONS autour de la grève : insistance et chantage à l’AG pour obtenir du soutien (dont la tenue dépendrait de la transformation du bar, de SAS en association, et de la constitution d’un CA, sinon quelle légitimité ?) alors même que les grévistes ont très tôt exprimé leur refus de négociations stériles avant l’obtention
au préalable de la reconnaissance, d’égalité des droits, d’excuses et d’indemnités. Ce ne sont pas vos vies et votre réputation qui sont malmenées mais bien celles des grévistes. Accorder de la valeur aux paroles des grévistes, ce n’est pas essayé de faire des AG pour parler à leur place !


- DEMANDER DES COMPTES à votre bar « préféré » sur les indemnités et les excuses publiques et officielles toujours en attente pour les grévistes. A l'heure qu'il est, la galère ne fait que s'accentuer pour les grévistes : déjà 6 mois de grève, du mépris et de la complicité raciste et antigrève sur
facebook !


- BOYCOTTER toute forme de consommations et participations à la Mutinerie tant qu'elle ne prend pas acte de la gravité de la situation qu'elle maintient sur les grévistes (urgence financière, stigmatisation et diffamations des grévistes, etc...). Seule une pression globale permettra l'obtention de réparations et de changements de la structure interne.


1 : Le patron est trans comme il veut qu'on le rappelle. Effectivement, la transphobie existe et fait des ravages. Seulement lui fait partie de ces 0.01% de personnes trans qui peuvent se permettre d'être patron avant l'âge de 30 ans. Pas comme l'autre trans renoi gréviste, pour qui travailler dans ce bar signifiait la fin des entretiens d'embauche transphobes faisant craindre le pire au taff. Là, contrairement à toi qui pleure pour ton bar, lui comme les trois autres grévistes se retrouvent en grande difficulté, allant jusqu'à perdre son studio pour aller vivre chez une amie. Les bourgeois ne s'en rendent peut-être pas compte : mais se mettre en grève, en général, comme pour ces quatre grévistes, c'est se priver de revenus, se mettre dans la merde, surtout si la grève traîne. Alors quand la transphobie précarise des trans blancs, ceux qui contrairement à toi ne sont pas nantis, et qu'elle sur-précarise puissance mille des trans renois ou rebeux, nous n'allons certainement pas pleurer sur ta solvabilité bancaire alors que ton patrimoine personnel et familial est intact et qu'aucun-e des quatre grévistes n'ont jamais eu ce filet de sécurité. La transphobie est une question trop sérieuse pour qu'elle te serve à masquer tes privilèges de patron.


2 : ce point est publié avec le consentement de la personne concernée.


3 : Personne n’a oublié, Ju, que ta première réaction en octobre, à l’annonce que ton « super pote » trans, rebeu et muslim venait te parler de ta douteuse gestion de bar, ait été de répandre la rumeur qu’il vienne te taper et « casser le bar ». Voilà comment sont traitéEs les grévistes et leurs soutiens, par des stigmates racistes et islamophobes.


4 : Précisons ici que depuis le début de la grève, « l’équipe» actuelle, dont le nombre de grévistes et de démissionnaires en soutien à la grève a obligé le patron à renouveler sa main d’oeuvre se permet de juger publiquement la grève. Comment des employéEs embauchéEs après le début de la grève peuvent se proclamer « collectif » et statuer légitimement sur les revendications des grévistes et une
situation qu’iels n’ont donc pas connu ? Et, tandis que de nouveauxELLEs salariéEs arrivaient, les grévistes se voyaient proposer des indemnités de « chomâge » ??!


5 : à l’exception du soutien de queers of color, de quelques féministes radicales et des Comités de Soutien Grenoblois, Marseillais et Parisien aux grévistes de la Mutinerie.

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