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12 mars 2016 6 12 /03 /mars /2016 16:32
Discussion à Rennes le 25 mars autour des "Femmes trans racisées en milieu carcéral en France"

appel : https://www.facebook.com/Ouest-Trans-1203006646381868/

"En l'occasion de la Journée Internationale de Lutte pour les Droits des Femmes, le Collectif afroféministe les Peaux Cibles, l'association Acceptess T et Ouest Trans vous invitent à participer à un évènement autour des conditions d'incarcération des femmes trans non-blanches en France.

Nous commencerons par une conférence de Giovanna RINCON (Acceptess T):


► La position sociale des femmes trans racisées en France et ses conséquences :
(Définition concrète des raisons d'emprisonnement générales, de l'obligation pour les femmes trans racisées d'être en illégalité et explication des lois et de la justice répressives.)


►Approche factuelle des conditions d'incarcération
(Nous aborderons l'impunité des “matons” et de l'administration pénitencière, la santé en prison et la mixité forcée dont sont victimes les femmes trans.)



Ensuite nous écouterons des témoignages d'ex détenues (à confirmer), pour enfin répondre aux questions du public.

EVENEMENT MIXTE.

"

sur le collectif afro-féministe de Rennes : https://www.facebook.com/femmesnoiresrennes/​

sur le groupe d'auto-support trans' Ouest Trans : https://www.facebook.com/Ouest-Trans-1203006646381868/​

sur le groupe d'auto-support trans' Acceptess-Transgenres en Ile-de-France : https://www.facebook.com/acceptess.transgenres

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28 octobre 2015 3 28 /10 /octobre /2015 18:52
Queer Dignité : Notre participation à la Marche de la Dignité et contre le Racisme

Texte original rédigé par les créatrices-teurs du blog:

https://queerdignite.wordpress.com/2015/10/27/notre-participation-a-la-marche-de-la-dignite-et-contre-le-racisme-2/

NOTRE PARTICIPATION A LA MARCHE DE LA DIGNITE ET CONTRE LE RACISME :

Dans quelques jours, le 31 octobre 2015, nous, descendant.e.s de colonisé.e.s, vivant aux 4 coins de la France et d’Europe allons se retrouver à Paris pour affirmer notre dignité et notre engagement sans failles contre le racisme.


C’est aussi en tant que féministes et racisé.e.s concerné.e.s par les oppressions de genre et sexualité que nous allons prendre part à cette marche qui célébrera nos résistances, les nôtres et celles de nos aîné.e.s contre un ordre colonial qui a changé de forme mais repose essentiellement sur les mêmes principes : la déshumanisation et la sur-exploitation de nos communautés.


Nous tenons à rendre visible notre participation spécifique, dans la mesure où les questions d’homophobie (et qui sait un jour de transphobie ? ) sont fréquemment utilisées pour stigmatiser les nôtres (notamment les « jeunes de banlieue » ) et nous enjoindre à nous « libérer » d’eux pour nous « émanciper ».


Par notre présence, au sein de différents cortèges de la marche, en tant qu’individu.e.s ou en tant que collectif, nous tenons à l’inverse à affirmer que notre émancipation est indissociable de celle de nos communautés. Nous vivons aussi l’exploitation au travail, le chômage massif, les discriminations à l’emploi, aux logements, à l’orientation scolaire, les contrôles policiers, le statut de sans- papiers ou réfugié.e.s et toutes les autres formes d’humiliations que connaissent les racisé.e.s en France.


Par notre présence, nous affirmons que notre dignité passe aussi par la visibilisation de nos luttes quotidiennes contre nos oppressions spécifiques.


C’est pourquoi nous nous réjouissons de ce front unitaire pour la dignité et contre le racisme, auquel nous sommes fier.e.s de participer!


Signatures des collectifs :

France :

Collectif Cases Rebelles

Femmes En Lutte 93

Les Peaux Cibles – Collectif Afroféministe de Rennes

Mwasi Collectif Afro-Féministe Intersectionnel

Europe :

Black Dissidents London

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7 août 2015 5 07 /08 /août /2015 19:00
J'arrive de moins en moins à lire d'articles en ligne et j'ai un tas de liens qui s'accumulent de certainement très bons textes.
 
Au-delà mes blocages grandissants envers les écrans, le milieu se disant militant se repose beaucoup sur la constatation des dégâts, pas mal dans la réaction, un peu dans l'action, jamais dans l'éducation.
 
Parce qu'apprendre, c'est pas qu'à l'école ou à la fac, et parce que c'est justement pas fait pour, devenuE adulte, porter une cravate derrière un bureau et dire oui chef, je voulais proposer quelques vidéos desquelles j'ai pu tirées des réflexions, des infos et des envies mais pas en les matant (rien de plus chiant que de regarder pendant 2h des gens statiques) mais en les transférant en MP3 avec ce logiciel gratuit :
 
 
ou les programmes également gratuits de DVDVideoSoft. Et hop, dans ton portable ou dans ton MP3, "ce sera tout à fait, comme à la radioooooooooooo". Merci au passage à Cases Rebelles et à Radiorageuses pour leurs émissions riches et radicales en écoute libre.
 
Travailler et même étudier à plein temps ne sont pas forcément conciliables, même avec la meilleure volonté, avec l'apprentissage, de nouvelles initiatives, s'informer, militer, apprendre différement, s'épanouir : les trop rares jours de repos donnent plus envie de se détendre, de voir ses potes et partenaires, de faire les courses, de faire les trucs relous administratifs que tu repousses depuis des semaines, de te DROGUER selon les goûts d'chacunE... Et tu peux vite te faire aspirer dans une routine assez creuse, manger, dormir, bosser, consommer le week-end... CertainEs s'en accommodent bien et c'est tant mieux pour ielLEs, la simplicité de ces besoins et de cet emploi du temps peut aussi rendre heureuxSEs. 
 
Seulement, on s'interroge peu, dans les milieux dits engagés, à notre destin (commun) de consommateuRICEs de séries et de 2.0 mais bon dans 10 ans, je me crée un potager et tout tout, hein...
 
Le but d'écouter des interventions, loin d'être toutes universitaires, est pas d'en sortir plus intelligentEs (ce serait en fait un échec d'en arriver simplement là) ou plus vénères comme après le énième article journalistique qu'on vient de se transférer mais d'en tirer un truc, même minime, pour soi. Si l'intelligence, c'est de briller en soirée, ça n'a rien de brillant en fin de compte, c'est même un peu piteux.
 
Il nous faut prendre conscience, le plus tôt possible, que son histoire en tant que raciséE, en tant que trans', en tant que travailleurSE ne sera justement pas apprise en classe d'histoire en France et qu'il va falloir se débrouiller pour aller la chercher. De même pour trouver des romans, de la poésie qui évoquent ton vécu... Un jour, je vous dirai ce que ça fait de grandir métis sans se retrouver dit, raconté dans la culture pop.
 
Ca nous permettra par exemple de réaliser qu'au quotidien, les expressions toutes faites de "conspirationnisme", "développement durable", "importation de conflit israélo-palestinien", "islamisme", "reconquista", "dictature cubaine ou vénézuelienne vs démocratie mexicaine mdr" ou encore "les noirs ont vendu leurs propres frères" ou "Team Taubira" ou plus récemment "Tsipras n'avait pas le choix" détériorent nos esprits de façon sournoise et dévastatrice afin d'empêcher toute réflexion critique, toute indépendance intellectuelle, et donc de développement sociale populaire pour toutes les classes et communautés opprimées.
 
Si lire t'est difficile, j'espère qu'écouter te sera plus facile incha'allah taala.
 
بسم الله الرحمن الرحيم Ra bracket.png اقْرَأْ بِاسْمِ رَبِّكَ الَّذِي خَلَقَ Aya-1.png خَلَقَ الْإِنْسَانَ مِنْ عَلَقٍ Aya-2.png اقْرَأْ وَرَبُّكَ الْأَكْرَمُ Aya-3.png الَّذِي عَلَّمَ بِالْقَلَمِ Aya-4.png عَلَّمَ الْإِنْسَانَ مَا لَمْ يَعْلَمْ Aya-5.png 

Falesteen, du mensonge historique de la création d'Israël par dû pour la Shoah, au dogme "pacifiste" de la solution à 2 Etats, en passant par les acteurs de la résistance armée à l'entité sioniste actuellement, jusqu'aux conséquences politiques et sociales des massacres du Ramadhan dernier sur Ghaza

A écouter aussi de Boussoumah : la Nakba en 1948

L'histoire de l'Afrique n'est pas à apprendre avec Sarkozy. On ne doit plus parler de la traite négrière et de l'esclavage des Noir-e-s sans parler des résistances noires continues mais délibérement masquées. Connaître aujourd'hui l'histoire de la violence coloniale, celui du mouvement panafricain et reconnaître le néo-colonialisme en oeuvre à l'heure actuelle est primordial pour l'indépendance politique ET économique du continent africain et un internationalisme entre nations du Tiers monde

A voir/écouter aussi de Saïd Bouamama, ses biographies politiques des non moins politiques Aimé Césaire, Frantz Fanon, Ruben Um Nyobe, Patrice Lumumba,Kwame Nkrumah

Voici quelques conférences diverses en anglais sur le système carcéral en Occident (y compris Guantanamo - là en français), les guerres impérialistes motivées par l'ultra-libéralisme (ou l'extrême-centrisme comme le dit très bien Tariq Ali), la révolution bolivarienne continue au Vénézuela, le dogme de l'antiviolence démoli par Malcolm X puisqu'il démolit la communauté afro-américaine et la violence structurelle à l'encontre des femmes trans noires aux Etats-Unis.

en 4 parties !

En 2 parties !

George Ciccariello-Maher, à écouter aussi sur Décoloniser l'anarchisme

Ca se passe en France : des réflexions décoloniales mais pas que, également féministes noires, roms, musulmanes et contre le gouvernement, le pouvoir blanc et la police.

A voir également "Racialisation, religion, banlieue et genre" et "Epistémicide"

L'écologie sociale contre le capitalisme vert (business bio, développement durable, commerce prétenduemment équitable, énergies soi-disant renouvellables...)

Un peu de littérature non-blanche pour respirer un peu

Islam, Iman, Ihsan

Tout le Qurân al-karîm, récité en arabe puis dans une traduction de ses sens en français

Il a également publié un livre sur le sujet

A voir aussi, l'islam noir d'Ousmane Timera également

En 3 parties

et la suite nommée "Islam et capitalisme". A écouter aussi : "Discussion avec Youssef Girard, Islam & Libération"

il existe une centaine d'épisodes passionnants de la Sîra racontée par Yasir Qadhi, parfois sous-titrée

En 8 parties

L'auto-édification signifie se préparer de façon révolutionnaire, d'abord mener le Moi vers son ihsan puis agir pour le sort populaire

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2 juin 2015 2 02 /06 /juin /2015 19:56
Toi Même Tu le C : Saint-Denis - Saint-Gilles en juin

Le site d'Intersectionnalité TMTC : http://itmtc.org/

 

Le site d'Assiégé-e-s : http://www.xn--assig-e-s-e4ab.com/

 

Le blog Equimauves de Po B. K. Lomami : https://equimauves.wordpress.com/​

A SAINT-DENIS LE DIMANCHE 14 JUIN 2015 

Toi Même Tu le C : Saint-Denis - Saint-Gilles en juin
Toi Même Tu le C : Saint-Denis - Saint-Gilles en juin
Toi Même Tu le C : Saint-Denis - Saint-Gilles en juin

A SAINT-GILLES LE DIMANCHE 28 JUIN 2015 

Toi Même Tu le C : Saint-Denis - Saint-Gilles en juin
Toi Même Tu le C : Saint-Denis - Saint-Gilles en juin
Toi Même Tu le C : Saint-Denis - Saint-Gilles en juin
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10 mai 2015 7 10 /05 /mai /2015 19:00
Voilà trois documents très détaillés qui défendent, en s'appuyant sur des sources religieuses et d'histoire politique la pleine légitimité de la gouvernance des femmes en Islam :
 
 
Asma Lambaret, que l'on peut lire également dans l'anthologie Féminismes Islamiques, qui revient notamment sur le statut du hadith d'Abu Bakra (comme cheikh Islam ibn Ahmad) qui déclare « qu’un peuple ne pourrait réussir s’il est dirigé par une femme » et sur les avis favorables des imams Abu Hanifa (rahmatoullah 'alayhi), At-Tabari (rahmatoullah 'alayhi) et Ibn Hazm al-Andalussi (rahmatoullah 'alayhi) concernant les femmes à des postes de qadi ou de direction politique :
 

 

Intervention du cheikh Islam ibn Ahmad, dans la cadre de sa série réaffirmant l'importance du rôle des femmes en Islam et pas à un niveau relégué de subalternes

L'ouvrage de 1990 Sultanes oubliées, qui se lit très bien, de la célèbre écrivaine marocaine Fatema Mernissa

L'ouvrage de 1990 Sultanes oubliées, qui se lit très bien, de la célèbre écrivaine marocaine Fatema Mernissa

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26 avril 2015 7 26 /04 /avril /2015 23:00
1er mai à 15h à Répu : Cortège des travailleur-se-s racisé-e-s contre le capitalisme et l'impérialisme

source : http://www.xn--assig-e-s-e4ab.com/index.php/blog/34-1er-mai-cortere-assiegees-et-mwasi-collectif-afrofeministe

infos pratiques : https://www.facebook.com/events/443075855852200/

Mwasi - Collectif afroféministe : https://www.facebook.com/pages/MWASI-Collectif-Afrof%C3%A9ministe/738320462869807

Revue Assiégé-e-s : http://www.xn--assig-e-s-e4ab.com/

Soeurs, Frères, le 1er mai la rue est à nous !


Des Afroféministes, des Meufs, Queers et Trans RaciséEs dénonçent les rapports d'exploitation produit par le système capitaliste ainsi que la division sexiste et raciste du travail.


Nous ne pouvons pas ignorer que le capitalisme sert l'impérialisme occidental et que les guerres qu'il mène sous fond de négrophobie et d'islamophobie en Afrique et au Moyen-Orient sont motivées par des intérêts économiques. Comment oublier des drames comme celui de Rana Plaza il y a 2 ans au Bangladesh où 1135 ouvrières et ouvriers ont perdu leur vie à cause de la sur-exploitation féroce des grandes marques du prêt à porter (H&M, Zara, Mango etc) dans des locaux particulièrement insalubres ?


Impossible d'ignorer qu'ici, en France, un gouvernement « socialiste » est en guerre contre les travailleurs, les chômeurs, les pauvres (loi Macron, ANI...). La criminalisation du travail du sexe par l'Etat qui cache mal ses obsessions anti immigration, rend encore plus vulnérables aux violences policières, agression des clients, et risques sanitaires(VIH), les travailleuses et travailleurs du sexe de rue pauvres et/ou migrant.e.s que personne n'embauche sur le marché « légal »du travail. Ce gouvernement, comme d'autres en Europe, s'attaque aux classes populaires mais aussi et surtout aux racisés, pas seulement en tant que prolétaires : arabes, noir.e.s, musulman.e.s, roms,« banlieusard.e.s », migrant.e.s. sont considérés comme une menace intérieure par l'Etat, la classe politique, et une part inquiétante de la population.


Dans ce climat, en plus de l'appauvrissement généralisé et d'un chômage qui persiste, les racisé.e.s, surtout ceux des classes populaires, doivent affronter le racisme d'Etat, toujours plus de criminalisation ainsi que les inégalités et discriminations au travail: écart de salaire,contrats précaires, discrimination à l'embauche, propos et agressions racistes et sexistes, précarité des travailleurs.euses sans papier… Les conséquences de ces oppressions sont catastrophiques pour tou.te.s, particulièrement pour les femmes, les trans et les minorités sexuelles racisées.


Malgré cela l'égalité n'est pas une chimère. Nous, travailleurs.euses racisés ne nous avouons pas vaincu.e. Notre voix quel que soit son niveau hiérarchique est une force légitime et nous devons nous battre. Les droits actuels du travail n'ont pas été obtenu en un jour. Il nous appartient de nous élever, de nous faire entendre et d'exiger l'amélioration de notre condition.


C'est pourquoi AssiégéEs et le Collectif Afroféministe Mwasi défileront ensemble à Paris le 1er mai afin de dire haut et fort qu'il ne peut y avoir d'anticapitalisme sans lutte radicale contre le racisme d'Etat et le patriarcat. Il est urgent de prendre au sérieux les discriminations au travail et les dimensions racistes et sexistes du système capitaliste, quand bien même le but ultime est son anéantissement pour tou.te.s.


Ce système ne pourra jamais être renversé sans celles et ceux qui en constituent les marges !

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3 avril 2015 5 03 /04 /avril /2015 11:14
"Mujer negra" de Nancy Morejón, poétesse afro-cubaine révolutionnaire

Mujer negra

 

Todavía huelo la espuma del mar que me hicieron atravesar.

La noche, no puedo recordarla.

Ni el mismo océano podría recordarla.

Pero no olvido el primer alcatraz que divisé.

Altas, las nubes, como inocentes testigos presenciales.

Acaso no he olvidado ni mi costa perdida, ni mi lengua ancestral

Me dejaron aquí y aquí he vivido.

Y porque trabajé como una bestia,

aquí volví a nacer.

A cuanta epopeya mandinga intenté recurrir.

 

Me rebelé.

 

Bordé la casaca de su Merced y un hijo macho le parí.

Mi hijo no tuvo nombre.

Y su Merced murió a manos de un impecable lord inglés.

 

Anduve.

 

Esta es la tierra donde padecí bocabajos y azotes.

Bogué a lo largo de todos sus ríos.

Bajo su sol sembré, recolecté y las cosechas no comí.

Por casa tuve un barracón.

Yo misma traje piedras para edificarlo,

pero canté al natural compás de los pájaros nacionales.

 

Me sublevé.

 

En esta tierra toqué la sangre húmeda

y los huesos podridos de muchos otros,

traídos a ella, o no, igual que yo.

Ya nunca más imaginé el camin a Guinea.

¿Era a Guinea? ¿A Benín? ¿Era a

Madagascar? ¿O a Cabo Verde?

 

Trabajé mucho más.

Fundé mejor mi canto milenario y mi esperanza.

Aquí construí mi mundo.

 

Me fui al monte.

 

Mi real independencia fue el palenque

y cabalgué entre las tropas de Maceo.

Sólo un siglo más tarde,

junto a mis descendientes,

desde una azul montaña.

 

Bajé de la Sierra

 

Para acabar con capitales y usureros,

con generales y burgueses.

Ahora soy: sólo hoy tenemos y creamos.

Nada nos es ajeno.

Nuestra la tierra.

Nuestros el mar y el cielo.

Nuestras la magia y la quimera.

Iguales míos, aquí los veo bailar

alrededor del árbol que plantamos para el comunismo.

Su pródiga madera ya resuena.

 

 

Femme noire

 

Je continue de respirer l'écume de la mer qu'on me fit traverser.

La nuit a disparu de ma mémoire

mais l'océan lui-même ne pourrait s'en souvenir.

Pourtant je n'oublie pas le premier pélican que j'aperçus.

Les nuages, hauts, comme d'innocents témoins oculaires.

Je n'ai pas oublié, je crois, mon rivage perdu ni la langue de mes ancêtres.

On m'a laissée ici et c'est ici que j'ai vécu.

C'est pour avoir travaillé dur

que je suis née ici une seconde fois.

Grande fut l'épopée mandingue qu'alors je tentai d'évoquer.

 

Je me suis révoltée.

 

J'ai brodé la casaque de Mon Maître et je lui ai donné un fils,

mon fils, qui n'a jamais porté de nom.

Et Mon Maître a péri aux mains d'un respectable lord anglais.

 

Je suis partie.

 

Dans ce pays on m'a frappée, nez contre terre, à coups de fouet.

Mes rames ont fendu les eaux de toutes ses rivières.

Sous son soleil j'ai semé et j'ai révolté ce qu'on refusait à ma bouche.

Je n'avais pour maison que la bâtisse des esclaves

construite avec les pierres apportées par mes mains

sans que je cesse de chanter au rythme naturel des oiseaux.

 

Je me suis rebellée.

 

Sur cette terre j'ai palpé le sang humide

et les os pourris de tant d'autres

amenés ici, ou ailleurs, comme moi.

Je n'ai plus jamais rêvé de la route de Guinée.

Etait-ce la Guinée ? Ou le Bénin ? Madagascar ? Ou le Cap-Vert ?

 

J'ai travaillé plus dur encore.

J'érigeais avec plus de foi mon chant millénaire et mon espoir.

Je préparais mon propre monde.

 

Je me suis enfuie dans les bois.

 

J'eus pour liberté le camp retranché

avant de chevaucher avec l'armée de Maceo.

Il me fallut attendre un siècle

pour qu'après de mes descendants,

du haut d'une montagne bleue

 

nommée la Sierra Maestra

 

je descende en finir avec l'argent, les usuriers,

les généraux et les bourgeois.

J'existe désormais : aujourd'hui pour la première fois nous possédons et nous créons.

Il n'est plus rien qui ne soit nôtre.

Nôtre est la terre.

Nôtre la mer, nôtre le ciel.

Nôtres, la magie, les chimères.

Mes frères, mes égaux, je vous vois danser

autour de l'arbre que nous avons planté pour le communisme.

Et dont le bois prodigue maintenant retentit.

 

 

traduction de Claude Couffon issue de son anthologie bilingue Poésie cubaine du XXe siècle (1997)

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15 mars 2015 7 15 /03 /mars /2015 11:04

Quand une gréviste de la mutinerie subit des représailles


Paris, ce dimanche
8 mars 2015 autour de 00h30 au bar « Chez Marie ». Alors que se déroule la soirée organisée par le collectif féministe « 8 Mars Pour Toutes », à l’occasion de la Journée de la lutte pour les droits des femmes, à la veille de la manifestation qu'il co-organisait également, une gréviste a été agressée violemment.

L’agresseur en question s’avère être un ancien collègue, trans et rebeu, « anti-grève » du bar « la mutinerie ». Il y a en effet été animateur d’atelier de combat et, pendant la grève, a été promu videur et serveur quand les grévistes ont, iels, été licenciéEs. Durant la grève - organisée par un groupe de serveurSEs, musulmanEs queers of color qui dénonçait les conditions d’exploitation capitalistes, racistes et sexistes en usage dans ce bar et ayant conduit à une procédure juridique aux Prud’hommes (toujours en cours) - il a fait partie de ceux et celles qui se sont adonnéEs à des comportements de harcèlement à l’encontre des grévistes (voir textes blog de soutien aux grévistes). L’une d’ielles, identifiée à mauvais titre comme leadeuse du mouvement, a été particulièrement et régulièrement insultée, diffamée, menacée, molestée. C’est elle qui s’est faite agresser dans la nuit de samedi à dimanche. Durant cette soirée, la violence a gravi un sérieux échelon, et s’est donc exercée contre celle qui était déjà particulièrement exposée durant toute cette lutte. Guettant un moment où elle était seule dehors pour fumer, il a surgit du bar avec une arme blanche cachée derrière son dos (un verre à pied qu’il tenait comme un poing américain) et, inventant un regard déplacé, s’en est servi de toute ses forces pour frapper son visage. Alors qu'elle ignorait pour la énième fois ses propos virulents sans fondements, il a attaqué par surprise dans l'intention de la défigurer. Elle a été transportée par les pompiers aux urgences et a déposé plainte.

Arrêté peu après l'agression, nous sommes bien conscient.e.s qu'il n'est que le bras armé racisé de figures mondaines blanches, bourges et racistes qui ont pris pour cible les grévistes depuis plus d'un an et demi, et qui notamment aux UEEH 2014*, ont souhaité dans un texte lu publiquement que "crève" la gréviste agressée (absente pourtant de l’évènement). Voici aujourd'hui les résultats de la division et de la violence orchestrées par les bourges blancs : côté gréviste, une meuf cis rebeue est violemment agressée, côté non gréviste un mec trans rebeu doit répondre de ses actes devant la justice, alors que les plus grandEs responsables de cette situation, ceux qui ont alimenté pour leurs profits, au sens propre comme au figuré, les divisions de race, classe et genre, peuvent dormir tranquilles. Cette haine démesurée et cette violence en dehors de toute lutte politique étaient déjà à l’origine de la grève. Si les grévistes étaient restéEs travailler là-bas, bien pire serait arrivé et bien plus tôt. Encore une fois, ça n'a rien de nouveau, la violence produite par la classe dominante circule entre les membres de la classe dominée, avec ici une agression violente contre une gréviste ! En plus de l’agression, une plainte déposée depuis par l’agresseur à l’encontre de cette gréviste et, parmi d’autres, contre les deux amis, trans of colors et musulmans, qui l’accompagnaient ce soir-là !

Nous tenons également à exprimer notre colère face à la réaction, ou au silence complice, de certaines personnes organisatrices de cette soirée (patronne/staff du bar, militantes féministes du collectif « 8 mars pour toutes »...) : certaines (en guise de « solidarité féministe » peut-être?) n'ont rien trouvé de mieux que de planquer l’agresseur dans la réserve et de nous empêcher l'accès au bar. Pire, lors d’une soirée féministe contre les violences, c’est l’épicier d’à côté qui a pris soin de notre camarade blessée. Honte à vous, à votre silence et vos mensonges. De quel féminisme parlons-nous quand, laissée dans son sang par des « militantes » qui protègent son agresseur, la seule alternative laissée à la victime pour espérer une quelconque justice, c'est de faire appel à la police qui, elle, a eu accès au bar ?


De plus, nous avons eu vent de la version qui a circulé pendant la manif, quelques heures à peine plus tard, concernant les faits survenus lors de cette soirée : la personne agressée aurait d'abord donné une claque avant de recevoir le châtiment mérité pour toute meuf qui ne plie pas : une balafre sur son visage. Ce scénario va, par ailleurs, à l’encontre de ce que quelques dizaines de témoins, proches ou inconnus des protagonistes ont vu : une agression gratuite de la part de la personne arrêtée qui porte son coup par surprise.


Il serait temps pour tout-e-s de comprendre que le féminisme n'est pas qu'un label pour vendre de la bière ou de « l'art alternatif" mais bien un engagement (social et politique) concret contre les violences, y compris dans le milieu féministe, y compris autour de soi. En tant que meufs et queers of color, cette communauté n’est définitivement pas la nôtre. Et s’il faut faire appel au système pour nous en défendre, malgré sa violence structurelle à notre égards, nous n’en auront pas honte. Parce que la vraie honte devrait venir du fait qu’il nous apparaît parfois moins violent pour nous que cette communauté LGBT blanche mondaine. Face à cette violence déchaînée, il nous faut construire nos propres alternatives, nos combats de façon autonome et concrète, faute d’une alternative communautaire qui refuse encore de se voir en oppresseur et qui, à l’image de la société française, nous envisage systématiquement comme des suspects et auprès de laquelle il faudrait se justifier.

Des témoins féministes de l’agression


*Universités d’Eté Euro-méditerranéennes Homosexuelles à Marseille (France)

https://soutienauxgrevistesinsoumiz.wordpress.com/2014/05/02/comprendre-la-greve-qui-a-lieu-a-la-mutinerie/

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4 février 2015 3 04 /02 /février /2015 15:58

Un épisode des Rebelles du foot consacré aux joueuses de l'équipe nationale palestinienne sera bientôt diffusé à la télévision. Plus d'infos dans l'article suivant :

http://blogs.lexpress.fr/le-pop-corner/2015/01/13/les-premieres-filles-a-jouer-au-football-en-palestine-et-autres-histoires-heroiques-voici-les-rebelles-du-foot-saison-2/

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12 janvier 2015 1 12 /01 /janvier /2015 21:57
Han Gong-Ju (à droite) et son amie Eun-hee
Han Gong-Ju (à droite) et son amie Eun-hee

Cet article est dédicacé à Nadine Bebek, parce que tu fais vibrer nos coeurs.

Sortis à peu de temps d'intervalle au mois novembre 2014 dans les salles françaises, A cappella de Lee Sujin et A girl at my door de July Jung ont trois points communs importants outre le fait qu'ils nous viennent tous deux de la Corée du Sud : ce sont les premiers longs métrages de leur réalisateur-trice, les principales protagonistes sont des meufs et leur visibilité à leur sortie – tant critique qu’en terme de semaine en salle – a été très médiocre.

Leur titre international gomme malheureusement leur principal atout qui est de porter la voix des « héroïnes » éponymes Han Gong-ju pour A cappella et Dohee-Ya pour A girl at my door.

L’exclusion, le secret et la reconstruction de soi :

Ce qui marque tout d’abord pour ces deux films assez différents, c’est la sobriété de la mise en scène couplée à l’intelligence du discours et du point de vue des « héroïnes » qui n’agissent pas selon des critères de moralité et de respectabilité mais de survie et d’exigence à un respect dû mais aussi, dans le cas du personnage de Dohee, pour le droit d’être aimée et choyée quand on est enfant.

J’arrête la comparaison ici et j’vais m’intéresser d’abord à A cappella / Han Gong-ju qui peut être vu comme la mise en récit du slogan féministe contre la culture du viol : « la honte doit changer de camp » et toute la difficulté de le faire exister.

Le récit, qui se concentre autour de la figure esseulée et renfermée de l’adolescente Han Gong-ju (interprêtée par Chun Woo-hee, qui jouait dans Mother de Joon-ho Bong), nous offre quelques trouvailles appréciables : non pas le flash-back progressif plutôt conventionnel qui nous révélera ce dont on on se doutait déjà, mais plutôt la musicalité interne de la jeune fille qui rythme de nombreuses séquences sans dialogue pour mieux exprimer son détachement de la réalité et sa seule possibilité d'expression post-traumatique par la musique.

Mais dans un monde où les mecs cis sont tous des lâches, mêmes ceux qui prétendaient l'aider (son père alcoolique, le nouveau mari flic – lâche bien sûr - de son hébergeuse, son ancien prof peu présent dans sa nouvelle vie, la "fiotte" qui subit du bullying extrême mais finit sous la contrainte du "monsieur chien taré" par la droguer et la violer lui aussi), où la justice s'achète selon si t'es d'la police ou non, elle ne peut compter que sur elle-même et les talents dont elle est dotée, face aux "gorilles" et à la précarité de la solidarité entre meufs, mises aussi à l'épreuve sous la pression du conformisme.

Han Gong-ju n’est plus une victime cela dit et elle conteste explicitement sa mise à l’écart qui l’accule à une honte qu’elle refuse. Par ce biais, elle souligne l'incapacité des adultes à lui venir en aide par le fait de témoigner confiance en son discours, à lui montrer de la sollicitude et à faire preuve de responsabilité en tant que tuteur (profs et parents). D'ailleurs, les parents des jeunes accusés de son viol n’auront de cesse de faire passer l’intérêt de la carrière future de leurs chiens d’fils, quitte à enfoncer Han Gong-ju un peu plus…

Elle met alors en plus plusieurs techniques lui permettant de se reconstruire progressivement

tel que :

- le refus de se voir dépossédé de son image, notamment face au recours constant d'enregistrements audio diffusés sur internet de ses talents musicaux par ses camarades de classe

- le refus de justifier son "agressivité", son repli et sa "parano" car on ne sait rien d'elle et de ce

qu'elle a vécu et qu’elle ne souhaite pas en parler tout de suite

- apprendre à nager, ne serait-ce qu'une longueur de 25m en piscine

- chanter et jouer en chorale pour exprimer ses sentiments torturés et recréer une vie sociale

- poursuivre ses études

- retrouver des espaces entre femmes où sa parole peut être entendue, que ce soit dans la chambre de sa nouvelle camarade de classe Eun-hee ; leur relation évoquant un flirt lesbien

- vivre sous un toit avec une "mère", en la figure de l'hébergeuse, même si ce n’est pas sa mère biologique. C’est peut-être le personnage le plus sincère et solidaire malgré sa réticence première à l’héberger. Egalement ostracisée pour aimer un flic pas encore divorcé, elle lui procure attention, confort et des conseils francs

Malgré un discours positif en la faveur des survivantes de violences sexuelles et critique des

travers misogynes et corrompus de la société sud-coréenne, on peut être étonné de la fin ambigüe du film qui pourrait s’apparenter à la défaite ou fuite de Han Gong-ju. Perso, j’préfère lire la chute à l’eau comme une rupture radicale avec un certain environnement étouffant, le choix de l’autonomie et l’exercice bien sûr de son nouveau talent (la natation).

Si A cappella évoquait la lente période de reconstruction semée d’embûches pour une survivante de viol collectif, A girl at my door est plutôt un film dont la morale pourrait se résumer à « toute stratégie pour une enfant victime de maltraitances continues et extrêmes est légitime ».

Comme A cappella, le cadre d'A girl at my door est celui du lieu de transfert punitif de l’héroïne innocente, ici Young-Nam (bien qu’elle partage la vedette avec Dohee, une préado). Young-Nam (interprêtée par la célèbre Bae Doona, qui s'est faite connaître internationalement dans le rôle de l'archère dans The Host de Bong Joon-ho, de l'héroïne poupée gonflable d'Air Doll de Hirokazu Koreeda et aussi Cloud Atlas et bientôt Jupiter ascending des Wachowski) est une femme flic de Séoul dont la relation lesbienne a fait scandale à l’école de police. L’obligation au placard est désormais de mise parmi ses nouveaux collègues locaux. En arrivant dans le village de pêcheurs qui a subi de plein fouet l’exode rurale des jeunes et qui dépend aujourd’hui de l’exploitation de migrants du Sud-Est asiatique (indiens, chinois,…), elle fait la rencontre de Dohee, une préado mutique et stigmatisée par tout le village.

Le corps de Dohee comme celui de Han Gong-ju dans A cappella devient le point de convergence de toutes les tensions. Cela se traduisait dans A cappella par le choix de l’héroïne de soustraire son image public hors internet après le viol de son corps, comme une reconquête de son intégrité physique bafouée. Dohee n’est, elle, pas une victime de viol mais de coups répétés de la part de son père adoptif, de sa grand-mère (tou-te-s deux alcooliques) et de ses camarades de classe.

Elle reste traumatisée par l’abandon de sa mère biologique – on ne cesse de la frapper en prétextant qu’elle est folle comme sa mère - et elle finit par développer un comportement auto-destructeur. En Young-Nam, Dohee trouve pour la première fois la proximité physique bienveillante d’un-e adulte. Le jeune policière recueille chez elle Dohee, après qu’elle ait subi plusieurs nuits de suite des coups monstrueux. Elle est douchée, habillée, nourrie et commence à se confier sur ces passions (l’imitation des acteur-trices à la télé, la K-Pop, la danse classique) et à s’épanouir auprès de cette maman de substitution. Pour Young-Nam aussi, encore accablée par sa séparation forcée avec sa compagne (la superbe actrice de drama et de ciné Jang Hee-jin), c'est la remise en cause de son laisser-aller illustré par ses bouteilles d'eau qu'elle descend coup sur coup, où elle cache son vin blanc. Il faut qu'elle cesse de gommer son passé à coup de cuites afin de dormir et qu'elle vive dans le présent, en alerte, afin de prendre soin de Dohee et par là même d'elle aussi.

Seulement, cette amitié et protection vont être menacées par la médisance du père adoptif maltraitant qui va user des préjugés lesbophobes contre Young-Nam en l’accusant d’abus sexuels sur Dohee pour détourner l’attention de la flicaille locale sur l’exploitation qu’il fait des travailleurs migrants et récupérer la garde de sa fille qu’il bat.

La réalisatrice July Jung ne prend pas le parti de révéler les circonstances exactes de l’accident mortel de la grand-mère maltraitante même si Dohee semble l’avoir au final délibérement provoqué telle l’arrestation du père adoptif, actant radicalement le conseil de Young-Nam de « ne plus se lasser frapper dorénavant ». De même, l’intimité physique - même si non-sexuelle – de Dohee avec Young-Nam dans la salle de bain est laissée à l’appréciation du spectateur-trice et seule la lesbophobie du corps policier dans le film vient juger au moment de la déposition que ça n’aurait posé aucun problème que Young-Nam prenne un bain avec Dohee si elle avait été hétéra…

On peut regretter que l'histoire en ayant abordé l'extrême précarité des travailleurs immigrés, parfois clandestins comme le personnage de Bakim, dans le monde rural sud-coréen, ait péché à articuler cette autre critique sociale (outre la maltraitance infantile et la lesbophobie) à l'économie du récit principal. On y trouve au final qu'un renforcement de la figure de l'affreux père adoptif alcoolique, maltraitant qui plus est exploiteur de main d'oeuvre précaire. Bakim n'a droit enfin de compte qu'à une ligne de texte et les autres travailleurs migrants sont littéralement sans voix.

En 2010, le film sud-coréen (multiprimé internationalement et jamais sorti sur les écrans évidemment) Bedevilled / Blood Island de Jang Cheol-Soo proposait un récit de vengeance gore et existentiel porté par une héroïne (jouée par Seo Young-hee, qui était aussi la mère travailleuse du sexe dans The Chaser de Na Hong-jin) paysanne basanée exploitée et violentée par son mari, sa communauté ilienne et lâchée par sa seule amie, une femme d'affaire sans scrupule de Séoul et claire de peau. Oui, autant dire que j'ai kiffé ce film. Dans A girl at my door, on a une représentation toute aussi négative et caricatural du monde rural assimilé à la beaufferie, à la violence et à la corruption locale (les flics et les villageois-e-s tolèrent les magouilles de Park Yong-ha, le père adoptif joué par Song Sae-byeok, seul enfant du village à y être resté bosser et permettant au village de subsister) mais sans contrepoint acerbe sur les gens de la ville comme c'était le cas dans Bedevilled.

La seule issue devient donc ici l'exode puisque même les « bons » flics du coin ne peuvent s'empêcher de voir de la monstruosité chez la jeune Dohee. La décision ultime de Young-Nam envers elle s'explique ainsi selon moi par le refus catégorique de savoir à nouveau la jeune fille entre les mains de «bonnes gens », si promptement complices ou acteurs d'une déshumanisation qui ne peut conduire qu'à la même violence gratuite et structurelle à laquelle Dohee a déjà trop goûté.

Bonnes séances de rattrapage :

Pour celles et ceux qui lisent mes chroniques ciné, j'espère reprendre mes chroniques sur le cinéma de Hong-Kong prochainement.

Young-Nam (an arrière-plan) avec Dohee

Young-Nam (an arrière-plan) avec Dohee

La réalisatrice July Jung

La réalisatrice July Jung

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Published by Vincent Fortune - dans cinéma Genre
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