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4 juillet 2020 6 04 /07 /juillet /2020 13:21
PRIDE POLITIQUE CE SAMEDI 4 JUILLET 16H À PIGALLE !

Suite à l'annulation de la Marche des Fiertés parisienne, plus d'une soixantaine de collectifs LGBTI et féministes ont choisi de ne pas enterrer ce moment fort de lutte afin de récupérer l'espace public pour faire entendre ces revendications plus que jamais nécessaires. Car les personnes LGBTI les plus précaires ont vu leur condition de vie gravement détériorée par l'isolement du confinement puisque déjà marginalisé·e·s, d'autant plus si migrant·e·s, sans domicile fixe, travailleuses du sexe et/ou séropositives. L’État, le capital et sa police ne nous ont jamais protégé·e·s et l’ont une fois de plus démontré. Le 31 mai dernier, survenait la mort de Mathilde, âgée de 19 ans, puis celle de Laura le 20 juin, toutes deux femmes trans poussées au suicide par cette réalité sociale transphobe injuste et sordide. Une marche de nuit en leur hommage réunissait vendredi dernier des centaines de personnes à Paris. Paix sur elles, à nous tou·te·s d'agir!

Des initiatives communautaires trans, préexistantes au Covid, portées par le FAST d'Acceptess-T en Ile-de-France et par la Caisse de Solidarité Trans – Inter dans Lyon et ses environs, d’aide financière, sanitaire et alimentaire, ont montré par leur qualité et efficacité qu'elles étaient indispensables, surtout quand confinement rime avec pertes drastiques de revenus et lâchage des institutions officielles. Ces initiatives sont de plus porteuses d’espoir d’une autonomie trans et d’une solidarité politique réelles ! A cela s'ajoute le travail sans relâche des Brigades de Secours Populaire pendant le confinement, notamment celles en non-mixité femmes dans le 11è et 12è arrondissement, qui offrent des possibilités de résistances horizontales, entre prolos, dont les femmes isolées en grande précarité.

A l’international aussi, les actions se multiplient pour rompre avec les assassinats transphobes et racistes : près de 15 000 personnes se sont réunies à Brooklyn le 14 juin, derrière le slogan Black Trans Lives Matter (puis en Angleterre aussi), en communion avec le mouvement continu BLM. En effet, Trump excite le suprématisme blanc terroriste (contre les Afro-américain·e·s, les Juif·ves, les Hispaniques, les migrant·e·s et les Amérindien·ne·s), choisit les profits capitalistes sur le dos des travailleur·se·s sans protection face au coronavirus (près de 130 000 mort·e·s, chiffre en augmentation exponentielle) mais aussi installe durablement l'extrême-droite évangélique blanche fondamentaliste au pouvoir, contre l'’IVG et les dispositifs favorables aux personnes trans.

          Le contre-exemple états-unien ne doit en rien masquer les poussées fascisantes ailleurs comme au Brésil (assassinat de Marielle Franco), aux Philippines (où les activistes LBGTI défilent souvent de concert avec les autres travailleur·se·s contre l’ultra-misogyne et homophobe président Duterte), en Hongrie (loi Omnibus adoptée mi-mai qui rend délibérément impossible le changement de sexe à l’état civil), en Roumanie (amendement à la loi sur l’éducation votée mi-juin « contre la théorie ou des opinions sur l’identité de genre »), en Pologne (où le président sortant Andrzej Duda martèle un programme ouvertement homophobe pour sa campagne actuelle de réélection) mais aussi au Royaume-Uni (où, au-delà de la pathétique TERF J.K. Rowling, le gouvernement droitiste de Boris Johnson enterre l'attendu Gender Recognition Act qui faciliterait le changement d’état civil des personnes trans).

Ici aussi en France, il ne faut pas oublier pas ces sénateurs qui ont débouté durant le confinement la proposition d'extension provisoire du délai d'IVG ; il faut se souvenir de la recrudescence des violences durant la médiatisation outrancière des débuts de La Manif Pour Tous, en particulier à l’approche des débats parlementaires autour de la PMA dès lundi, sans cesse repoussés et retoqués par des politiciens indifférents et calculateurs ; malgré la petitesse des TERFS en France, face à un mouvement féministe lent à intégrer la lutte contre la transphobie, en particulier la transmisogynie, il faut rester vigilitant·e·s de ce courant qui essentialise les femmes à des femelles, découvrant leur vrai visage réactionnaire, que l'on retrouve dorénavant autant dans la gôche verte-brune (dans le journal La Décroissance), dans le torchon islamophobe Marianne, que dans le Figaro de la droite conservatrice ; la mobilisation doit aussi se poursuivre pour tou·te·s les réfugié.e.s fuyant l'homophobie, la lesbophobie et/ou transphobie mortelles de leur pays, à qui l'on somme toujours de « prouver » leur qualité de LGBTI.

Pas de concession non plus à faire avec mâles gauchistes hétéros dans la rue où F.O. se complaît à des slogans misogynes et homophobes en manif de façon rituelle par provoc' mais aussi aux démonstrations virilistes et homophobes durant chaque mouvement social justifiés par « la lutte, c’est pas un gala » qui doivent être dénoncés et non admises au nom d'une prétendue l'unité du prolétariat  et ainsi gâcher des années de taf militant des travailleur.se.s LGBTI, syndiqué.e.s ou non pour faire bouger les lignes. Car devinez quoi ? La violence sexiste, lesbophobe, transphobe, homophobe ne s'arrête pas aux portes du taf et nous laisse souvent à celle-ci aussi. Ne soyons ni des cautions de leaders gôchistes homophobes, ni supporters de l’hypocrisie anti-syndicale et anti-sociale du gouvernement, prêt à tout pour salir et menacer les grévistes et, plus généralement, les prolos, les racisé.e.s et/ou habitant.e.s des quartiers populaires en lutte. Pas de concessions non plus pour les collages des TERFS ou pour des collages aux slogans pornos pseudo-subversifs et foncièrement misogynes. 

          L'organisation des Pride fin juin fait un lien historique avec les émeutes de Stonewall qui ouvrirent la lutte politique contre les discriminations lesbophobes, transphobes et homophobes, la contrainte à l'hétérosexualité, contre les flics violeurs, maîtres-chanteurs et assassins et contre la famille hétéropatriarcale. L'effacement des acteu·trice·s historiques de ces émeutes (surtout les femmes trans précaires, TDS, racisé.e.s, engagées ensuite dans la défense des jeunes LGBTI SDF et dans la lutte contre le SIDA) puis la gentrification des lieux de sociabilité gaie pour une clientèle particulièrement blanche, masculine et à haut salaire, ne profitent qu'aux seuls hommes blancs et à un agenda bourgeois réclamant plus de sécurité, plus de chars de banques aux labels arc-en-ciel et plus de diversiteyy chez les hauts cadres capitalistes du pays quand Marianne ne nous trouve littéralement, pour les racisée.s entre nous, pas “clair”...

Ce samedi pas de marche avec le FLAG ni l’Autre Cercle et c’est tant mieux !

--> arrêt des mutilations des personnes intersexes

--> régularisation immédiate de tou·te·s les sans-papier·e·s

--> PMA pour tou·te·s, ce qui inclut de fait les personnes trans

--> abolition du patriarcat, par la lutte notamment contre le travail gratuit domestique des femmes et contre les violences sexistes/sexuelles. Vive la grève des femmes !

--> changement d'état civil pour les personnes trans sur simple déclaration à la mairie, disparition de la SOFECT/FPATH et remboursement intégral de nos frais de transition

--> diminution du temps de travail, retraite à 60 ans mais surtout l'abolition du capitalisme!

--> de vrais moyens de lutte contre les IST, le VIH et SIDA, par la prévention, le soutien aux organismes de santé communautaire sur le terrain, ouverture de plus de salles de consommation à moindre risque (SCMR), ouverture des EHPAD aux séropos

--> abolition de la police, du système judiciaire, des frontières, des CRA et de la prison : liberté pour les prisonnières trans et les prisonnier·e·s malades ! tout·e prisonnier·e est politique !

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