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20 mai 2020 3 20 /05 /mai /2020 19:34

Cette prononciation si suave que l'on pourra retrouver dans le phrasé des morceaux les plus romantiques de Richard comme "Send me some lovin'" 

Né également en Géorgie comme Little Richard, élevé comme lui et tant d'autres dans la culture musicale plus respectable du gospel, gay évidemment, il rencontre Richard lors de soirées mêlant jump blues et spectacles de travestissement où Billy est "female impersonator". Little Richard reconnaît dans son autobiographie la grande influence de Billy sur lui, que ce soit dans  le choix de ses produits de maquillages, les fringues aux couleurs criardes ou sa voix n'hésitant à mêler pleurs, cris et gémissements.

 

C'est Billy Wright qui fit jouer ses contacts pour Little, ce qui finit par déboucher sur son 1er enregistrement, pour la firme RCA avec les musiciens de Billy en accompagnement. Il a seulement 18 ans, ça s'appelle "Every hour" et ça devient même un succès local ! 

 

J'en sais peu sur le reste de la vie de Billy Wright, excepté qu'il meurt dans sa hometown d'Atlanta en 1991.

Paroles à double entente :

 

" I want all you girls to listen, to what I've got to say, I've got a new kind of lovin' and I thrill you both night and day ! Good lovin' daddy, and I love you both night and day ! Yes I got a brand new kind of lovin' that'll steal your breath away ! "

ESQUERITA !!! :

Little Richard, THE Georgia Peach, died (1/5) : celles et ceux, méconnu.e.s, qui le précédèrent

1966

En vérité, ils se sont influencés dans les deux sens. Né dans l'Etat voisin de la Caroline du Sud, Esquerita aurait appris à Little Richard le piano pour lequel Richard est connu pour ses folles performances piano-chant filmées dès les 50's ; il aurait aussi influencé les producteurs de ce dernier afin qu'il se lâche également lors des enregistrements, en imitant sa voix criarde et son look extravagant devenu culte : pompadour sur le crâne, faux cils et rouge à lèvres vif ! Même si Billy Wright n'est pas en reste à ce niveau-là.

 

Little Richard, devenant célèbre dès 1957, ouvre la porte des studios à son prédécesseur qui ne percera pas financièrement parlant mais ravit toujours les aficionados encore aujourd'hui pour son style unique. Il continuera durant toutes les 70's à se produire dans les clubs gays de NY et mourra en 1986 de complications dûes au SIDA. Little Richard raconte "que son coeur a saigné" à ce moment-là...

En '53, Richard voit débarquer sur scène le.a célèbre transvestite Patsy, qui chantait ce succès local au Dew Drop Inn à la Nouvelle-Orléans ; ce club illustre finit par disparaître en 1972, mais Little Richard eut le flair de vernir la légende du lieu en enregistrant 2 ans plus tôt le "Dew Drop Inn"

Patsy Vidalia (1921-1982), né.e et décédé.e à la Nouvelle-Orléans, véritable MC du Dew Drop Inn, s'occupait notamment de son Halloween Gay Ball annuel. Il/elle a également tenté , sans succès, sa chance sur disques, mais que je n'ai pas pu entendre "Rock Me Baby" / "Put Your Hand Over My Heart" (1953)

Patsy Vidalia (1921-1982), né.e et décédé.e à la Nouvelle-Orléans, véritable MC du Dew Drop Inn, s'occupait notamment de son Halloween Gay Ball annuel. Il/elle a également tenté , sans succès, sa chance sur disques, mais que je n'ai pas pu entendre "Rock Me Baby" / "Put Your Hand Over My Heart" (1953)

Little Richard tombe sous le charme de la virtuosité d'Earl King à la Nouvelle-Orléans, en 1953 toujours, dont il clame également l'influence. Il eut une très belle carrière et permis la notoriété du son blues louisianais

Little Richard fit entre autres ses premières armes avec un vétéran du R&B, dénicheur de pépites, plus connu certainement pour son orchestre que pour son chant, le roi de la jive, Johnny Otis !

Très appréciée de Billy et Richard, Dinah propulsa cette reprise de Hank Snow (de la country donc !) aux tops des charts R&B ! A écouter d'elle plutôt ces morceaux R&B comme "Fat Daddy", "Baby, get lost", "Saturday night", "Shukin' & jivin'" plutôt que ces accompagnements pour orchestre jazz sirupeux

Voilà pour les influences assumées de Little Richard, parlons des autres où l'on peut déceler un impact plutôt certain.

S'il a canonisé le style, quelques "screamers" préexistaient, ici et là. J'propose une liste pour les plus courageuse.rs. Toutefois, je me rends bien compte que j'aurais tout aussi bien pu parler gospel (où il a fait ses premiers pas et un retour marquant post-conversion) ou même moanin' blues (Bessie Smith, Howlin' Wolf, Blind Willie Johnson, Tommy Johnson) ou de scat pour le sens du phrasé, de l'onomatopée qui a fait la légende du jazz vocal.

 

Quelques titres en vrac qui permettent de réaliser que les extravagances vocales et les orgies saxophoniques en R&B ne datent pas de Little Richard & The Upsetters :

 

- "Caldonia" (1945) de Louis Jordan & His Tympany Five, le fanfaron du swing band, une sorte de cri préfigurant l'autre prénom féminin hurlée dans les 50's de "Lucille"

 

- Big Mama Thorton, née en Alabama, qui travailla dès 1952 avec Johnny Otis aussi pour son cultissime "Hound Dog" (et oui, ce n'est définitivement pas Elvis qui en est le chanteur original)

 

- La toute première "Lucille" n'est ni de Little Richard ni de BB King (1968) mais de Jimmy Witherspoon en 1952, real smoothy dandy

 

- 1954 : "Women & Cadillacs" de Doc Stark & The Nite Riders, surtout connus pour le sauvage "Ya Ya Ya Ya Ya Yayayaya" dans "Looking for my baby" en 1959

 

- "Yama Yama Pretty Mama" 1956 de Richard Berry (oui l'acteur français inintéressant a un homonyme), l'un des rockeurs afro-américains les plus importants et méconnus du siècle passé (avec peut-être Bobby Freeman), responsables des tubes planétaires "Louie Louie", "Have love, will travel" et a modestement fait partie des Penguins, Cadets ou encore des Robins pour "Riot In Cell Block #9".

 

- 1956 "Tough Lover" d'Etta James, qui a commencé très très tough avant d'être connue pour les ballades soul impériales chez Chess Records comme "At Last" ou "All I can do was cry"

 

- Même vitesse échevelée et voix hoquetante que Richard, Long Tall Marvin "Have Mercy Miss Percy" en 1956

 

- Son contemporain, l'excellent chanteur et pianiste (comme Richard!) Big Al Downing qui sonne comme un crooner r&b de country! Il a pu continuer une belle carrière contrairement à beaucoup d'autres. C'est aussi son piano qu'on entend sur le célèbre "Let's have a party" de Wanda Jackson.

 

- 1957 Roy Wright qui chante le très doux et énergique "I've got it" ; là on est côté Chicago mais sa classe vocale rappelle l'autre Wright, Billy. Le solo de sax est fabuleux. 

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