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23 mars 2017 4 23 /03 /mars /2017 12:00

Après le mois du Carnaval, la Guyane est rentrée, à nouveau, dans une période de troubles sociales et politiques locales mais continues, qui tendent aujourd'hui à s'élargir au pays tout entier, dans l'indifférence des médias français, plus occupés par la "porosité de l'électorat de Macron/Hamon/etc" ou par le nouveau false flag du Mossad façon Gladio en Europe nouvel attentat de Daesh raconté par BFM, histoire de ramener Fillon ou Le Pen au top des intentions de vote dans les sondages malgré leurs affaires. 

 

Le tout sous toile de fond de l'ouverture historique (mais gommée par les médias français) du pont reliant Saint-Georges au Brésil, qui a mis plus de 6 ans à voir le jour. Il s'agit d'un business plan pour le commerce avec un pays émergent et une coopération stratégique active militaro-policière en terme de méthodes violentes des flics brésiliens (6 meurtres par jour environ à son crédit) et de lutte contre l'immigration clandestine en Guyane.

 

Sachant que tant pour les rives brésiliennes que françaises, les populations vivent beaucoup de l'économie du fleuve (piroguiers, commerces, pêche, etc). Il faut préciser l'iniquité actuelle des conditions de séjours des Brésilien-ne-s très surveillés et passibles de sanctions en Guyane contrairement aux Françaises, quasiment libres d'aller et venir dans l'Amapa (avec du tourisme sexuel, c'est-à-dire de l'exploitation sexuelle impérialiste à la clef) qui fait parti des régions les plus pauvres du Brésil. 

 

SANTE

En bref, alors que l'on injecte des millions à chaque lancement d'Ariane 5 (3è report du lancement qui était prévu aujourd'hui), le Centre Médico-Chirugical de Kourou, lâché par la Croix Rouge, lui, se voit menacer de fusion avec celui de Cayenne, pas en meilleure situation, ou de transformation en hôpital à but lucratif sous son repreneur potentiel Rainbow Santé. Pour le plus grand "département français", sur un territoire où les communes sont parfois très isolées et mal desservies, c'est une menace directe pour l'intégrité des habitant-e-s de Kourou et de ses alentours. En effet, il n'y a à la base que 2 hôpitaux publics en Guyane, à Cayenne et à Saint-Laurent-du-Maroni, le CMCK étant un établissement privé de la Croix-Rouge à but non-lucratif. 

 

Plus globalement, c'est l'accès à la santé sur tout le territoire et pour toutes les communautés qui se retrouvent aujourd'hui également en jeu. Les communes de l'intérieur ne disposant que de simples dispensaires, rarement de postes de soignant-e-s permanent-e-s, même face à des enjeux aussi graves que la vague de suicides chez les jeunes amérindien-ne-s ou la toxicomanie lourde et forte prévalence du VIH dans le pays etc.

 

https://blogs.mediapart.fr/adrien-guilleau/blog/200317/la-sante-des-guyanais-sacrifiee-sur-lautel-du-profit

 

Mars 2017 : vers la grève générale en Guyane ?

EDF

L'UTG-Eclairage explique via son secrétaire général qu'aucune discussion avec la direction, qui s'obstine, n'est prévue. Le pompom : on leur demande de venir en métropole pour négocier.

 

La ville entière de Kourou était bloquée hier, ce qui est évidemment impensable en métropole.

 

Il faut savoir que dans tout le pays, les habitant-e-s souffrent de perpétuelles et imprévues coupures de courant : encore mercredi, la commune de Papaïchton, qui se remet à peine des graves inondations récentes des villages adjacents, a été privée durant 6h d'électricité. A Regina, cela a duré 10h, à Saint-Georges entre 7 à 10h.

 

L'UTG invite dès samedi les autres organisations syndicales pour débattre d'un éventuel appel à la grève générale.

 

EDUCATION ET ENSEIGNEMENT SUPERIEUR

En ce jeudi, les écoles à Cayenne, Saint-Laurent, Matoury, Kourou, Rémire-Montjoly, Macouria, Iracoubo, Roura, Montsinéry-Tonnégrande, Apatou, Saint-Georges et Awala-Yalimapo sont fermées, le lycée Lama-Prévot aussi. Les cours à l'Université de Guyane sont annulés.

Le STEG-UTG appelle à la grève dès lundi. Il réclame également depuis plusieurs mois la désignation d'un recteur guyanais pour la Guyane. La valse des recteurs métropolitains n'a jamais conduit à trouver des solutions pour la situations catastrophiques de la jeunesse du pays.

Sans les mobilisations historiques de la jeunesse guyanaise dès novembre 1996, il n'y aurait jamais eu d'Académie ni d'Université en Guyane.

Aujourd'hui, les questions d'une cantine scolaire gratuite, généralisée, alimentée par les produits locaux, la question du respect et de la pratique des dizaines de langues parlées au quotidien par les Guyanais-e-s dans le système éducatif et celle de l'adaptation et de l'accessibilité de l'éducation pour les enfants des communes de l'intérieur, en particulier bushinengé et amérindiens sont des enjeux essentiels de l'éducation en Guyane.

Mobilisation en 1996

Mobilisation en 1996

AGRICULTRICE-TEUR-S DE GUYANE :

Les négociations sont au point mort pour les agricultrice-teur-s de Guyane qui ont du coup hier mis en place un marché solidaire sur une partie de la route de Baduel, à la place du marché central de Cayenne. Aucune mesure sérieure ne leur a été en effet proposée, alors qu'ils et elles attendent toujours leurs aides en retard et que la question du Développement Rurale de Guyane reste toujours en suspens...

 

AU-DELA DE LA CRISE, L'AVENIR ECOLOGIQUE ET SOCIAL DES AMERINDIEN-NE-S ET DES BUSHINENGES

 

Mi-mars, 23 associations se mobilisèrent contre le méga projet aurifère "la Montagne d'or" (Collectif des Premières Nations, qui a ensuite été reçue par Ségolène Royal de passage), projet au Nord-Ouest guyanais qui a été décidé sans l'aval des chefs coutumiers locaux, dont la consommation énergétique pourrait atteindre les 20% de la consommation guyanaise ! et bien sûr dévasterait l'équilibre de l'éco-système amazonien unique présent en Guyane.

 

Le discours habituel sur la Guyane limite la question de la souffrance des Amérindien-ne-s à l'impact écologique de l'orpaillage illégal des "méchants Brésiliens et Surinamais cupides". Jamais à l'orpaillage légal, qui pille pourtant les ressources des Bushinengés et des Amérindien-ne-s depuis des siècles, elles-mêmes et eux-mêmes à cheval sur des frontières qu'ils et elles subissent depuis la colonisation, détruisent leur lieu de vie et déstabilisent leur économie et vie sociale.

 

Tout comme le projet pétrolier off-shore en Guyane, décidé à Paris unilatéralement et en minimisant l'impact écologique, ce projet est vendu comme une opportunité d'emplois pour les Guyanais-e-s, refrain usé depuis longtemps, là où le chômage dépasse les 22% de la population active et où les métropolitain-e-s raflent les bons postes.

 

ACTUELLEMENT

Il y a des barrages à l'entrée de plusieurs villes : Ile de Cayenne, Roura, Macouria, Iracoubo, Saint-Laurent-du-Maroni. A Cayenne, Matoury, Saint-Georges et à St-Laurent, les mairies sont fermées. Et, à Cayenne, le Mouvement des 500 frères contre la délinquance et l'insécurité a débrayé les boutiques afin de fermer en solidarité avec le mouvement social global et la détérioration du climat social, ce qui a été largement suivi.

 

On sait qu'il y a eu un envoi de renfort de gendarmerie en début de semaine, sous prétexte de lutte contre les voyous alors même que la situation sociale dégénère, que la France cherche à tout prix à protéger ses intérêts financiers avec le centre spatial, quitte à gazer les Guyanais-e-s au passage... C'est l'une des dernières insultes qui ont mis le feu au poudre ici.

 

Les Guyanais-e-s solidaires sont de noir vêtu-e-s.

 

ET VIVE LA GREVE GENERALE DU PEUPLE GUYANAIS !

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